Histoire de voyager sur l'O

22 avril 2012

DERNIERS JOURS 2012 D'HISTOIRE D'O

Dimanche 8 avril 2012
Joyeuses Pâques ensoleillées à tous ! et surtout à mon petit Doudou... qui j'espère aura eu sa grosse cloche en chocolat de la part de Mamina et Papito.
Temps superbe !  beau ciel bleu avec de gros cumulus de chantilly, gros disque solaire tout jaune et un petit alizés qui rafraichit agréablement.  Prickly bay
Voilà déjà une semaine que nous sommes arrivés à Prickly bay et nous n'avons pas vu passer cette semaine... mais qu'avons nous fait ?  Compte à rebours :

-Dimanche 1er avril
10h- Tout est prêt pour quitter le ponton du Y.C. « Prêt » pour notre captain signifie que l'on a « pensé, réfléchi ..» à la manœuvre pour quitter le poste, car évidemment une bonne brise, la même que celle de notre arrivée, va nous faire « abattre » (terme technique marin...qui signifie qu'on va se planter sur le bateau à tribord !). Donc chacun ...(lui et moi) avons une ou plusieurs tâches bien précises à effectuer dans un minimum de temps. MOI, je dois... ramener sur le pont « l'amarre » passée en double dans la bouée avant, ensuite défaire le « bout » passé sur le taquet du bateau amarré sur notre bâbord, pendant ce temps LUI, s'occupe des amarres arrières, du propulseur pour nous maintenir en ligne, d'embrayer le moteur, tandis que MOI je dois ramener le dinghy, fixé sur notre bâbord,  à l'arrière pour qu'il n'accroche pas la bouée !

Et bien on s'en était fait tout une histoire dans nos petites têtes à répéter la manœuvre, mais c'est les doigts dans le nez que tout cela s'est effectué, comme il l'avait (LUI) pensé, et sous les bravos …. (muets..)  des quelques plaisanciers présents sur le ponton et qui pensaient … (je suis méchante...) que nous allions nous planter, comme le propriétaire du bateau tribord, un charmant Allemand, qui ne parlait pas Anglais, et comme nous nous ne parlons pas All.... bref nous prîmes le large ! 

YC Golfe juan drapeauAh … j'oubliais de vous dire que nous avons laissé au Y.C de Grenade le pavillon du club nautique de Golfe Juan, gentiment confié par Jean-Marie, son Président,  et il flotte allégrement au milieu de ses « copains pavillons »... après ses multiples « rapiéçages » ! (voir photo).

8 milles pour contourner la pointe sud ouest, et passer sur la cote sud, face à l'est donc brise dans le nez, avec un petit clapot qui mouille les « passavants » de Lady A. Ciel gris, grain possible à l'horizon.
Nous longeons l'aéroport qui est parallèle à la cote sud, et contournons Glover Island avant de prendre l'alignement au 30° vrai de Prickly bay (l'anse aux épines). Il faut repérer les balises car les hauts fonds sont là et nous n'aimerions pas aller nous échouer sur un banc de sable si près de notre dernier mouillage, que nous effectuons, comme d'habitude, vent arrière barre à droite, avec 40 m de chaine. Plage prickly

Nous ne sommes pas les seuls dans cette belle baie étroite, 800 m environ (de large) et profonde d'environ (longueur)  1,5 km. Nous comptons une soixantaine de bateaux, toujours les mêmes nationalités, Anglais.. Allemands (nombreux), canadiens (anglais), Italiens, et peu de Français..pour ainsi dire, nous sommes les seuls !
Nous sommes face à une belle petite plage et nous pouvons admirer les belles demeures qui bordent le coté mer et que nous avions vaguement aperçu lors de notre périple en voiture. C'est vraiment le coté « riche anglo saxon » (voir photos). Prickly belle demeure 2
Lady A
Lundi 2 au samedi 7 avril
Rendez vous au chantier Spice Island pour mettre au point la sortie du bateau et son stockage à terre pour quelques mois... Susie nous accueille, nous confirme notre réservation et le montant de la note.. pour les 9 mois d'hivernage.. aie......Maintenant il ne reste qu'à faire faire les virements pour concrétiser la chose.
Nous nous mettons en quête d'un logement, pas trop loin du chantier, pour les quelques jours qui vont précéder notre départ, après la sortie de l'eau.
Premiers travaux : démontage de la GV, pliage (c'est pas une sinécure) avec les alizés qui soufflent de façon permanente entre 10 et 15 nœuds. La capote est également démontée, et tout cela prend la direction du hangar du « voilier » pour révision et maintenance. Démontage GV

Le génois devra obliger notre « captain » a faire de l'alpinisme sur l'étai avant, pour cause d'une petite vis qui bloque la descente de la voile. Le deuxième génois est sorti de la soute pour vérification et sera stocké dans le carré avec les autres voiles. Bon sang ! que toutes ces voiles sont lourdes à manipuler... Dans les haubans
Ballades, baignades … enfin surtout moi, car notre capitaine ne s'est pas encore baigné depuis que nous sommes aux Antilles, sauf une petite, petite,  heure de grattage du bateau  ! Il faut le faire non ?
Nombreux apéros cocktails antillais (entre nous) . On en profite encore quelques jours et après ce sera le régime.  Nous n'avons pas réussi à « maquereller » avec nos voisins. Tu nous manques Vali !.

Vendredi Saint est un « day off » et aussi un « happy friday », c'est-à-dire que ce soir c'est steel band au « pub » de la marina (ceux qui connaissent l'anglais comprendront, les autres il va falloir vous y mettre !)

Lundi 9 avril 2012
Pâques sans chocolats est bien triste ! Où sont les bons Naehaus (?) de nos amis belges ….Pour se consoler on s'est fait un bon « risotto italien au lait de coc » (version caraïbes)  avec des crevettes anglaises ! risotto crevettes

Jour férié, donc on bulle on verra demain ! 

Mardi 10 au jeudi 12 avril 2012
Nous commençons notre avant dernière semaine aux Antilles... Après le démontage des voiles, nous attaquons le nettoyage et rangement des coffres extérieurs et ce n'est pas une mince affaire... il y a finalement beaucoup de place sur un 49 pieds... et notre capitaine doit faire le contorsionniste pour se glisser dans les coffres. Aie les douleurs le soir !
Heureusement qu'un bon massage thaï... et une bonne crème monoï font des miracles..
Démontage des instruments électroniques qui devront soit quitter le bord, soit être mis à « l'abri » de certains envieux.. Vidage, nettoyage de tous les coffres sous les planchers... On joue avec le vinaigre blanc et l'eau de javel pour empêcher le développement des moisissures lorsque le bateau sera fermé et chauffé par le soleil. Lavage des rideaux, et de tout ce qui est tissu et devra rester à bord.
Nous installons des films réducteurs de luminosité et de chaleur sur tous les hublots.
Et puis pour se détendre un peu.... on se ballade à pied dans les environs, un peu de plage, un peu de pub....

Vendredi 13 avril 2012
Si j'ai bien compté, il y a trois vendredi 13 en 2012:  vendredi 13 janvier, vendredi 13 avril et vendredi 13 juillet. Pour certains c'est un jour de chance... les dépenses en jeux d'argent explosent ce jour là ! Et pour d'autres.. il s'agit d'un jour néfaste.
Mais savez-vous d'où vient cette date ?:  Du vendredi 13 octobre … 1307

Je dois dire que j'étais jusqu'à quelques jours aussi ignorante que certains … et c'est en lisant deux livres sur les Templiers que cette date est citée comme étant le vendredi 13 néfaste... Elle correspond au jour où tous les Templiers, en France, furent arrêtés et massacrés par le roi Philippe le Bel, soutenu par le pape Clément V.. déjà pour des raisons d'argent, et de pouvoir..
Deux livres très intéressants de Raymond Khouari.

Samedi 13 et dimanche 14 avril 2012

Week-end ..day off
No comments  !

Lundi 16 et mardi 17 avril 2012
Dernière semaine avant le grand départ !
Les travaux de la liste diminuent.... mais il en restera encore à faire lorsque le bateau sera à terre.

On peut dire que nous avons fait un grand ménage de printemps. Tous les coffres, les équipets, les tiroirs, les penderies ont été nettoyés, les deux cabinets de toilettes ont été lessivés à l'eau de javel, les bondes  et les filtres démontés, nettoyés ….. Le bimini est démonté, le cockpit lessivé, le canot est sur le pont, il reste à le nettoyer et à le dégonfler. Il ne reste dans les « coffres avitaillement »  que quelques boites de conserves encore valable jusqu'à fin 2013... Tout le reste, et c'est peu, a été offert à un bateau copain de Toulon qui vient d'arriver après trois semaines de traversée depuis le cap vert, avec trois enfants (Marine 9 ans, Nicolas 7 ans et Jérémy 13 mois...)
Bienvenue à Jérôme, Anne Lise  et toute sa petite famille aux Antilles !

Mercredi 18 avril 2012sortie de l'eau
-8h du mat …. nous sommes dans la cale de halage de Spice Island et le travelift va soulever Lady A.

Pouah …. que ses « dessous » sont sales ! Les « spice boys » et non les « spice girl » …. s'activent avec les raclettes pour faire tomber toute ces « vies sous marine parasites » qui ont colonisé la coque du bateau depuis plusieurs mois !  Un bon coup de karcher (d'actualité... en ces temps de campagne... politique) permet de redonner un peu de propreté à ses dessous bleus. 

-10h30 – Lady A est calé sur ses épontilles (pour les non initiés voir dico...) pour les mois à venir, il ne restera plus qu'à la sangler pour la maintenir au sol en cas de …... on espère que nous ne serons pas sur une de ses trajectoires. En tout cas, nous allons surveiller à partir de juillet la météo et les avis de cyclones pour la région ! chariot de transport

Il faut maintenant s'occuper des moteurs (annexe, bateau, groupe électrogène). Tout doit être rincé à l'eau douce pour éviter la corrosion d'un séjour à terre, nettoyé, graissé.... Ensuite démontage des hélices du propulseur d'étrave (nous en avons perdu une..) nettoyage à l'acide. Puis même opération avec l'hélice principale. .. etc.....etc … etc...

Le temps se dégrade, les nuages menacent. Il fait très chaud, et humide... et travailler à l'intérieur du bateau n'est pas une sinécure.... 

Jeudi 19 à samedi 21 avril 2012
Le
temps est à nouveau à pluie, et les grains se succédent d'heure en heure mais on avance, on avance …. dans les travaux, et rangement. Il nous reste à  faire les valises, enfin si on peut dire, car lorsque nous sommes partis en juillet 2011, nous avons complétement oublié (l'émotion certainement) que nous rentrerions un de ces quatre et par conséquent nous avions omis d'emporter le moindre sac de voyage ! Heureusement, rappelez-vous, Jacques nous a amené lors de sa venue en février 2 sacs prêtés par nos enfants....

Mais comment allons nous faire pour emporter tout ce que nous souhaitons ramener en France …. la justification étant « mais on va en avoir besoin … à la maison »...Je pense essentiellement à mon thermomix, à mes nombreux T.Shirt, pantalons, chaussures... alors que je n'ai porté depuis neuf mois que deux shorts et deux ou trois T shirt, et une seule paire de chaussure ! Il en est de même pour notre captain qui lui aurait pu laisser en France ses nombreux maillots de bain !
On va y arriver … Nous avons réussi à caser dans nos trois sacs... 65 kg de (vêtements, papiers, instruments, appareils en tout genre... ) dont 19 kg d''excédents à payer !

Encore quelques heures et nous prenons l'avion... contents de retrouver notre pays, la famille, les amis  et en même temps un peu triste que cette belle aventure 2011/2012 se termine.

Mais nos billets sont déjà pris …. pour le retour qui est prévu début janvier 2013. Nous ne saurions abandonner notre chère LADY A, plus longtemps.
Laissons nous le temps de rentrer, de retrouver la civilisation occidentale et tous ses problèmes... et courant mai le dernier article « EPILOGUE DE NOTRE VOYAGE » clôturera l'année 2012.
Souhaitez nous bon voyage et à bientôt ... !

 

 

 

 

 

 

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01 avril 2012

SUR LA ROUTE DE GRENADE

Dimanche 18 mars 2012
Bequia plageLe ciel est toujours plombé de gris.... Nous quittons Bequia au moment ou le Club Med 2 fait son entrée dans la baie pour débarquer sa cargaison de touristes. Petite brise, mer calme. Cap au 190° pour quelques heures, car nous avons environ 20 MN pour Canouan. Nous laissons sur notre bâbord les iles de Battowia, Baliceaux et surtout Moustique, micro-ile aux milliardaires depuis l'installation dans les années 60 de la Princesse Margaret, suivie par les artistes du show bizz : Mick Jaegger, Raquel Welch, David Boowies, etc. Le ciel s'éclaircit, mais ce n'est toujours pas grand beau...

12h30 : Nous entrons dans « Charlestown bay » sur la côte Sud Ouest de Canouan. Grande baie, eau transparente émeraude, belle plage de sable blanc.

Canouan est une petite ile (7 km²) au relief vallonné mais dénudé. La végétation est pauvre. Nous ne sommes plus dans les iles du nord, avec leurs forêts tropicales denses et luxuriantes. Nous sommes à la latitude 12°44 Nord, c'est à dire à moins de 800MN de l'équateur, et à un peu plus de 100 MN des côtes du Vénézuela !  

Lundi 19 mars 2012
Notre intention était d'y rester quelques jours, car la baie nous semblait intéressante, mais le mouillage s'avère très « rouleur ». Impossible de dormir dans la couchette avant.... nous décidons de poursuivre notre route vers le sud, direction Union, en laissant de coté les Tobago Cays, que nous avons visités en janvier, et qui aujourd'hui, sous un ciel gris de plomb, n'offrent aucun intérêt !

Petite navigation le long de la côte ouest de Mayreau. La baie de Salt Whistle est déserte... 2 bateaux au mouillage que nous voyons « danser » en raison d'une belle houle de nord. Nous passons Saline Bay puis encore quelques miles pour atteindre « Chatham Bay » sur l'ile de Union (5 km de long sur 2,5 de large). Dernière ile des Grenadines de St Vincent avant les Grenadines de Grenade. Chatham bay- Union

Enfin ! une baie « sauvage et naturelle » pas de grands hôtels sur la plage, juste deux ou trois lolos locaux. Belle plage de sable blanc, eau limpide,  avec en arrière plan une belle végétation. Nous sommes quatre bateaux dans un espace qui pourrait en contenir dix fois plus.  Les boats boys nous proposent leurs produits, à vrai dire pas grand chose... si ce n'est de belles langoustes (ici pas d'interdiction de pêche...). Nous en choisissons deux... (une pour chacun...) pour 30 euros ! (après négociation..). Nous demandons au pêcheur de nous les « trucider »... et je me charge de les faire à ma façon créole... (si vous souhaitez la recette... n'hésitez pas à me la demander !) UN DELICE;  voir les photos....

Langoustes

Mardi 20 mars 2012
Il semble que la renommée d'Union, soit en train de péricliter. Elle a connu son apogée dans les années 80/90, après l'arrivée, dans les années 60, de André Beaufrand,  qui a construit, à Clifton village, le célèbre Anchorage Yacht Club et son aérodrome. Le chantier de la marina d'Ashton harbour est à l'abandon, et les équipements portuaires ne sont pas correctement entretenus. Les « rumeurs » de vols, et d'arnaques aux bouées de mouillage ne favorisent pas le tourisme. Les « vaches à lait » marines... commencent à se fatiguer d'être prises pour des pélicans !Green island - Union

Nous devons faire notre clairance de sortie à Union avant de faire, quatre miles plus loin,  notre entrée à Carriacou ! (je vous le disais... les « pélicans » n'auront plus rien à picorer). Captain Marcus se rend donc aux services d'immigration, et ensuite aux services des douanes (ce n'est pas possible de faire les deux en même temps...). Nous ne savions pas que le 20 mars était un jour férié à Union... les « officiels » prélèvent donc ce jour là une taxe supplémentaire pour intervention un jour « chômé ». De plus, une taxe spéciale est demandée pour l'utilisation de l'imprimé ad hoc... ! Stupéfiant non ?   

Palm Island - UnionNous quittons Clifton village après un déjeuner rapide sur le bateau, direction Carriacou. 

Carriacou de Grenade:
Son nom viendrait de l'amérindien « Karyouacou » et ses premiers colons auraient été des français pêcheurs de tortues. Puis au XVIII ème siècle leurs successeurs commencèrent à cultiver le coton et la canne à sucre pour le rhum …  et importèrent pour ce faire, de la main d'œuvre africaine. De ce passé subsistent certains noms français et des vestiges de maisons de maître. La population, aujourd'hui, est d'environ 7000 habitants pour (30 km²) et descend essentiellement des anciens esclaves à peine métissé par la première souche européenne.

Cap au 210° pour éviter les nombreux « cailloux » difficiles à percevoir dans cette atmosphère grisâtre.
Nous longeons Sandy Island, petit ilot de sable avec quelques cocotiers face à Hillsborough la capitale . Puis Mabouya Island et les Sisters rocks. Enfin nous entrons dans Tyrell Bay. L'un des mouillages les plus tranquilles des Grenadines (dixit les guides..). Sur notre gauche nous apercevons la zone de « carénage » qui est en fait une mangrove,  trou à cyclone, qui fut bien utile à « Motu » et à son équipage, Olivier et Myriam, qui s'y abritèrent durant le cyclone Emily en 2005 !Tyrell bay Carriacou

Beaucoup de bateaux au mouillage, essentiellement des américains, anglais, canadiens, … très peu de français, à part le bateau.... de ma « frangine » que nous découvrons portant fièrement son nom : GILDA sur la proue... Bienvenue petite sœur dans le club des « retraités marins » ! Nous y retrouverons, également, un bateau copain de BLU (Marie et Jean-Paul).

Bateau frangine 

Mercredi 21 mars 2012
Premier jour du printemps ! ….. encore un ciel plombé....

Hillsborough - CarriacouDirection Hillsborough pour faire notre entrée sur le territoire de Grenade ! Je vous passe sur l'épisode de la conduite à gauche dans un taxi collectif …..

L'officier qui nous reçoit, un peu coincé et pincé, commence par nous dire que nous sommes « des hors la loi »... car nous aurions dû venir mouiller à Hillsborough pour faire notre « entrée » hier avant d'aller à Tyrell bay... ! Pauvre de nous.... il faut garder son calme, ne rien dire et surtout ne pas prendre un fou rire devant une telle absurdité, car certains se sont fait mettre au « frais » pour avoir osé s'exprimer sur une telle accusation ! Ces 4 MN,  sortie de Union et entrée à Carriacou, nous auront couté 70 euros !

Jeudi 22 mars 2012
Dans un mois nous serons sur le départ pour rentrer en France ….
Déjeuner à bord du « Marmouz » chez Marie et Jean-Paul. Lambis et excellent gratin de plantain !

Vendredi 23 mars 2012
8h: Nous quittons Tyrell Bay, direction Grenade. Environ 30 MN que nous ferons pratiquement « grand largue » entre 15 et 20 nœuds, aidé du … moteur. Nous partons sous un timide soleil avec un coin de ciel bleu (c'est déjà ça...) au loin dans la brume.. nous apercevons l'ile de Grenade, notre dernière étape pour laisser le bateau « hiverner » quelques mois.. Nous laissons sur notre bâbord, les ilots de Diamond rock, Ile Ronde, Ile de Caille, encore des noms français, alors que Grenade est une ile Britannique, mais vous vous doutez qu'une fois de plus …

Le ciel s'assombrit à mesure que nous approchons de la côte ouest (sous le vent) qui à travers les jumelles n'offre pas un grand intérêt. Grenade pluie

15h : Nous relevons vivement la capote, fermons tous les capots, génois rentré, le vent se lève la température chute nous obligeant à enfiler les polaires … (incroyable) et nous nous trouvons sous un gros grain, une vrai pluie tropicale … !  La visibilité est réduite à 1 mile et nous faisons notre entrée dans le mouillage de St Georges Harbour sous une pluie battante. Vive le sud et bienvenue à Grenade, l'ile aux épices !

Un peu d'histoire d'hier à aujourd'hui ….

Découverte par C.C... lors de son troisième voyage en 1498, l'ile fut d'abord baptisée « Conception », puis plus tard, des navigateurs lui donnèrent son nom actuel, en référence à la ville andalouse de GRANADA. Les anglais lui conservèrent son nom lors de leur première tentative de colonisation en 1609. Prévenu par les moyens de communication de l'époque... (tam-tam, et autres sons...) les autochtones « mangèrent » quelques anglais et « rejetèrent » les autres à la mer...En 1650 les français « négocièrent » (pour pas grand chose... quelques pacotilles et bouteilles de rhum...) l'achat de l'ile aux indigènes. Ceux-ci, dès leur ivresse passée, et s'étant rendu compte de la duperie...(déjà à cette époque, nous avions mauvaise réputation...) reprirent la lutte. Mais les français s'accrochèrent et finirent par acculer, en 1651,  les derniers caraïbes au bord d'un précipice sur la cote nord. Préférant la mort, les caraïbes sautèrent dans le vide. L'endroit porte toujours aujourd'hui leur nom « Morne des sauteurs » (Carib's Leap). Les Caraïbes éliminés, les …anglais débarquèrent et la lutte repris pendant encore un siècle et demi pour la conquête de la belle et fertile Grenade !
Il fallu deux traités (1763 et 1783) pour concéder une fois de plus... l'ile aux Anglais !

Des Français … il ne reste que le souvenir de quelques noms au hasard des villages et des lieux (Grande Anse, Petit trou, la baie du requin, l'ile du Marquis....) et certains mots dans le patois du pays. Après l'abolition de l'esclavage, le déclin des grandes plantations est amorcé. De nombreux domaines furent morcelés entre plusieurs propriétaires. Outre la noix de coco et la banane, Grenade devint « l'ile aux épices » (noix de muscade essentiellement). Elle acquiert son indépendance en 1974, et lance un vaste programme touristique et immobilier. Mais son premier ministre qui confond caisse de l'état et intérêt personnel, est démis de ses fonctions en 1979 par les « progressistes ». Leur nouveau leader plus de gauche que de droite.... s'entoura de conseillers cubains, ce qui déplut fortement au Président des États-Unis de l'époque, Ronald Reagan, qui fit débarquer les marines en 1983 pour « bouter » à la mer les cubains et par la même, mettre en place un gouvernement plus « conservateur ».
Ces conflits (idéologiques, et militaires) entrainèrent une récession économique dont Grenade ne se remit que très lentement. Elle est aujourd'hui, certainement, l'une des iles les plus riches et prospères des iles du sud de l'arc antillais, avec une population de 108 419 habitants (recensement de 2011 !), très jeunes, sur un territoire de 344 km², 34 km de long sur 18 de large.

samedi 24 mars – Dimanche 25 mars 2012
Il a plu une bonne partie de la nuit, et nous nous levons sous un ciel bleu et avec le … soleil, enfin.
Il fait chaud, très chaud... et humide. La ville de St George, la capitale de l'ile, est face à nous avec sa baie en deux partie : « le carénage », partie réservé aux locaux et aux gros bateaux, et le « lagon » partie plaisance mais qui aujourd'hui est interdite de mouillage. Tout le lagon est occupé par la petite marina du Yacht Club, et la grosse marina de Port Louis. Les bateaux de plaisance sont donc mouillés à l'extérieur en retrait de Grande Anse plage. Nous sommes une quinzaine de bateaux dont deux français, les autres étant Allemands, Afrique du Sud, et Anglais, of course...St Georges Carénage

L'annexe est mise à l'eau pour une reconnaissance de la terre... direction les deux marinas pour savoir laquelle nous allons choisir pour laisser le bateau quelques jours afin de visiter l'ile en voiture, et faire un tour dans la capitale. Nous choisissons le Yacht Club. Faisons quelques courses... mais tout est fermé le dimanche. La ville est morte pas d'animation, peu de circulation... mais que font-ils le dimanche ?

Lundi 26 mars 2012
YC GrenadeDirection le Yacht club pour laisser Lady A à quai, (on pourra enfin dormir sans être trop bercés..), refaire de l'eau, la lessive, les courses de frais...!

La manœuvre s'avère quelque peu complexe.. car évidemment un vent traversier souffle à 15 nœuds, au moment où nous devons prendre le poste... Heureusement captain Marcus n'en est pas à son premier amarrage... 

Nous enfilons nos belles tenues blanches… et allons déjeuner au Yacht Club ! (alors, elle est pas belle la vie...) Ensuite nous décidons de faire un tour en « ville ». Nous retrouvons nos taxis collectifs qui pour quelques EC$ nous emmènent où nous voulons, sauf à une vitesse raisonnable, (tous des fadas du volant..) Centre Georges Town

C'est une ville à étage.. c'est à dire construite à flan de colline. Il faut donc monter, descendre, monter … aie le souffle. De la Cathédrale, qui se trouve au point le plus haut, on a une vue magnifique sur les toits … et en fond la baie et le Fort Saint Louis.

Mardi 27, mercredi 28 mars 2012
Nous avons une mini jeep, boite automatique et naturellement volant à droite pour une conduite à l'anglaise c'est à dire à …gauche !

Keep lelft, keep lelft ..! Ce sera notre leitmotiv durant quelques heures... car il faut s'habituer à une conduite à gauche et si l'on est pas concentré, les automatisme reprennent vite le dessus et l'on se retrouve déporté sur la droite. Dangereux.... car la conduite des autochtones n'est pas triste : pas de ligne médiane, pas de limitation de vitesse, ni panneaux interdisant les dépassements dangereux ….mais par contre tous les 100 m en ville on trouve des « bumps » (dos d'âne) seul moyen pour un ralentissement du trafic. La signalisation routière est pratiquement inexistante, ce qui va s'avérer difficile pour des « étrangers » que nous sommes, pour nous rendre d'un point à un autre...
Muni d'une carte routière (succincte) nous partons direction sud, faire une reconnaissance du chantier où dans quelques jours nous devrons amener le bateau. Apparemment il est plus facile de faire un point sur une carte marine que de trouver Prickly bay sur la carte routière. Nous emporterons notre GPS la prochaine fois.

Autant la côte ouest offre peu d'intérêt autant le sud est une « dentelle » de petites baies, criques, anses, offrant un abri au delà de la barrière de corail à quelques bateaux. Mais c'est aussi le début de la côte au vent dès que l'on progresse vers l'est. Nous sommes sur la partie Atlantique et non plus mer des Caraïbes. Le ciel est couvert, il fait chaud, et notre balade nous fait traverser le centre de l'ile qui est couvert d'une forêt tropicale dense. La côte sud est semble t-il réservée aux résidents fortunés …. blancs, vu les magnifiques « villas » qui sont en bordure de mer, et les supermarchés où l'on peut trouver du « french cheese » à 10 euros le camembert !. Par contre l'intérieur est réservé au autochtones « noirs » et n'offre pas le même aspect. Beaucoup de cases, pas toujours en bon état, et ce n'est pas peu dire, quelques rares belles demeures côtoient la pauvreté... matérielle.
Mais les gens sont adorables, accueillants, conviviaux, toujours le sourire au lèvre et prêt à vous rendre service. Le contraste est fort entre recherche de modernité (téléphone portable, voitures moderne, réseaux internets, maisons cossues pour certains - et cases pour les autres) et laisser-aller ( laxisme, vétusté des installations, saleté, constructions en ruines, petits boulots, systèmes D...). Contraste aussi entre éducation (forte scolarisation, nombreux établissements, beaux uniformes de tradition anglaise) et absence de débouchés. Grenville bay Grenade

Notre ballade nous conduit jusqu'à Grenville, deuxième ville importante après St Georges town. Nous visitons Belmont Estate, l'une des plus anciennes plantations (300 ans d'age), aujourd'hui axée sur la production de fèves de cacao, et de l'épice-reine à Grenade : la noix de muscade. Retour par la route du centre de l'ile, avec ses nombreuses cascades, étangs, et rivières. Un clin d'œil à nos amis de Cotignac...avec la  Balthazar River ! 

Balthazar river Grenade

Nos stocks s'épuisent... nous devons consommer, avant de quitter le bateau, tout ce qui ne peut être conservés durant « l'hivernage ». Des conserves de viande (faites maison) il ne reste que du poulet... De la farine à pain de notre boulanger préféré, emportée depuis Golfe Juan, il ne reste qu'un kilo sur les 15 initiaux. Les conserves, pâtes, riz, sauces sont à leur minimum et nous avons encore trois semaines pour tout finir...

Je perçois déjà que certains d'entre vous vont se demander pourquoi nous n'abordons pas la question du rhum ?
Nous ne pouvons parler de « rhum » pour un breuvage qui fait 70° et qui ressemble plus à de l'alcool à bruler faisant dire à certains locaux eux-mêmes, qu'ils regrettent le rhum des iles françaises ! (ah si ces iles étaient restées françaises... quelle production !) C'est pour cela que la plupart des rhums sont transformés en punchs par macération de fruits.

Demain nous quittons le Y.C, direction Prickly bay, pour quelques jours de mouillage et préparation du bateau avant sa sortie de l'eau...

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2012

L'ANNEE PROCHAINE NOUS IRONS AUX ANTILLES....

S'il fait beau !

Jeudi 1er et vendredi 2 mars 2012
Mais que fait le Bon Dieu !

Nous sommes en plein dans le carême (si je me souviens bien, c'est 40 jours avant Pâques ?) et bien il continue de PLEUVOIR, PLEUVOIR, PLEUVOIR, PLEUVOIR, PLEUVOIR, PLEUVOIR.......................Nous passons notre temps à ouvrir et fermer les capots ! Bon, vous me direz, cela fait toujours de l'exercice.... mais tout de même à la longue, c'est fatigant !

Samedi 3 mars 2012
Petite éclaircie.... on devient expert en météo... regarder le ciel et les nuages qui s'amoncellent vers l'est. En fonction de la taille et de la couleur on calcule dans combien de minutes ils seront sur nous et déchargeront leur cargaison... d'eau salvatrice pour la nature mais oh, combien agaçante pour ceux qui sont venus aux Antilles, pour le soleil, le ciel bleu, et l'eau chaude...

On décide d'aller déjeuner chez des ex-Cotignacéens (et oui, ils sont partout) installés au Vauclin sur la cote est. Pourquoi faut-il que j'ai toujours des idées qui vont me faire regretter de ne pas avoir tourné sept fois ma langue dans ma bouche ?

Pour se rendre au Vauclin, il faut prendre un taxi collectif... nous nous mettons en quête d'un chauffeur afin de connaître les horaires.. « combien de temps pour y aller » « environ un quart d'heure.... » je regarde Marc qui, comme a son habitude, prend un air inspiré mais ne dit rien... (j'aurais dû me méfier). Le taxi est plein (c'est la condition pour partir) et nous voilà sur la route.... aie, aie,  je le savais ….. UN FOU au volant ….. il y a neuf personnes dans le taxi.... et personne ne dit rien, devant l'inconscience de ce chauffeur qui conduit d'une main, à fond la caisse … zigzague entre les voitures, freine à mort à 50 cm de la précédente, dépasse toutes les limitations de vitesse (panneaux bien en évidence sur le bord de la route et qui indique 70 km/h). Il est bien évident que nous sommes largement au delà, mais impossible de le savoir: l'aiguille du compteur est bloquée sur 40 km/h ! je commence à sentir la moutarde me monter au nez, et accrochée à la poignée, je crie « ralentissez, ralentissez  » ! imperturbable …. il continue …  je ferme les yeux, m'accroche, m'arcboute, prête au choc qui ne saurait tarder ! STOP, nous sommes arrivés. Ouf , cinquante minutes d'angoisse ! (la prochaine fois je prendrai ma boite de lexo....)

Technique pour le retour … ce n'est déjà pas le même chauffeur. J'explique au nouveau, que je suis cardiaque … (petit mensonge que j'irai confesser demain) et sous traitement médical, que je ne supporte pas d'être angoissée dans une voiture si l'on va trop vite, etc.....

Adorable ! Nous ferons le retour dans de meilleures conditions... sous une pluie battante.... est ce la raison ? Ou mon petit discours ?

Le déjeuner et les retrouvailles furent agréables, merci Morgane et Lucas ! 

Dimanche 4 au samedi 10 mars 2012 (déjà...)
Si je vous dis il pleut , il pleut, il pleut... vous ne me croirez pas … car nous sommes aux Antilles mais c'est l'exacte vérité. Depuis un mois, (arrivée de Jacques... désolée...) le ciel est plombé de gris et les grains, petits et gros se succèdent. Déprimant..

Une mauvaise météo est aussi de la partie, de ce fait les mouillages sont pleins de bateaux qui attendent des jours meilleurs pour avancer. La ronde des zodiacs entre bateaux est permanente signe de ralliement pour les nouvelles de la météo ou les rendez vous…. apéros ! On passe son temps comme l'on peut.

Nous avons retrouvé des bateaux copains : NADJAS (Nadine, Jason, Marco) PITALUGUE (Mijo et Jean) MAFILMA (Marie, Manon, Philippe) et les apéros et diners occupent nos soirées. Bateaux copains
Dans la journée, entre les courses, le nettoyage de la coque qui est verte … le changement des batteries de services, nous organisons la suite de notre périple.

Conclusion... nous ne remonterons pas vers le nord, mais nous allons redescendre doucement, en prenant notre temps vers le sud pour hiverner le bateau à Grenade et rentrer en France fin avril ! Cela fera neuf mois que nous serons partis et il est temps « d'accoucher » de ce premier périple.

Samedi 10 mars 2012
Nos amis du Pitalugue et de Mafilma nous quittent, ils montent vers le nord car ils traverseront en mai pour rentrer en France. Nous partons vers le sud (toujours sous un ciel plombé) à Anse d'Arlet, pour commencer, où nous retrouvons Nadjas pour quelques jours. La météo annonce un vent de 15 à 20 nœuds pour les jours à venir et une mer calme. 

Mardi 13 mars 2012
9h – nous quittons la Martinique, après un dernier au revoir à nos amis, et mettons le cap sur St Lucie. Petite navigation de 35 nautiques pour Marigot bay. Nous « embouquons » le canal de St Lucie avec une brise de 18 nœuds (autant dire pas de vent...) et une mer juste clapoteuse. Un régal de navigation pendant 6 heures. Nous longeons la cote à partir de Rodney bay que nous ignorons (déjà vu..) et admirons la côte, avec ses falaises abruptes, découpées de jolies criques et baies, aux noms bien français, vous allez deviner pourquoi... Marigot Bay

15h – Nous nous présentons dans la passe de Marigot bay. Comment la définir.... un micro fjord... caraïbeen... (sans glace !), de moins d'un kilomètre de long sur 150m de large, composé d'un long « couloir » qui permet d'accéder à un « bassin » et à la mangrove. C'est la baie carte postale, avec sable blanc, cocotiers, et palétuviers. Malheureusement... le tourisme est passé par là, et les établissements de standing accueillent une clientèle franco-anglaise « friquée ».

Les « boats boys » nous accueillent, en français,  à l'entrée de la passe d'un « bienvenue au paradis » !Marigot Bay 4

la descente, car il faut faire son entrée à Kingstown qui se trouve au sud.

11h30 – Nous mouillons sur bouée, avec amarre à terre,  dans la baie de la Soufrière, à « Malgre tout »  Très joli site, (mieux que les 2 pitons, à mon goût), eau transparente, émeraude. Fin de journée agréable, le ciel s'est mis au bleu... avec le soleil. Lecture, baignade, promenade à terre, crapette (non … c'est un jeu de carte à deux...!) apéro of course ! La belle vie quoi.... 
Bay de la Soufrière
Vendredi 16 mars 2012
6h – Cela faisait longtemps … que nous n'étions pas debout si tôt... Dur la vie de retraités marins... Debout les braves ! le moteur chauffe, les voiles n'attendent qu'un tour de winch pour se hisser gaillardement sur leur support (étais, et mat...) et en avant toute !

Pour l'instant le ciel est clairsemé de chantilly … nuages blanc, avec du bleu autour. La mer est plate, nous sommes encore sous le vent de l'ile. Nous embouquons le premier canal (25 MN) de St Lucie-St Vincent, avec une dizaine de bateaux qui montent ou descendent. C'est là où l'on peut voir si la météo est bonne. S'il fait ou va faire beau durant quelques heures ou jours.... La mer alors s'anime à nouveau et la valse lente des …. des bateaux repart...! (Ref: à « la valse lente des tortues » de …. Pancol)

12h – Nous sommes en vue des cotes de St Vincent. Tout c'est bien passé, petit alizé au travers entre 15 et 20 nœuds, creux de 1 à 2 m, de la rigolade pour Lady A qui fend ledit clapot de son étrave. Dommage le ciel s'est dégradé et l'ile est sous une couche nuageuse et pluvieuse que nous conserverons jusqu'à Bequia.

Magnifique rencontre, au large de Kingstown,  avec un groupe de dauphins, environ une quinzaine, tout noir et qui nous ont émerveillés par leur sauts et danses autour du bateau.

Les derniers milles seront plus sportifs... le deuxième canal (environ 8 MN) se fait sous des rafales à 28 nœuds, 2 ris dans la G.V, un petit bout de génois, et sous la pluie....

16h – Le « marchandage » recommence pour avoir une bouée pour deux nuits à un prix correct....

Nous allons rester jusqu'à dimanche à Bequia. Entrée à faire (encore..) explication pour savoir comment nous devons procéder pour la « sortie » puisque nous continuons sur le sud et ne repasserons pas à Bequia avant 2013....  Puis si la météo est bonne nous continuons sur Canouan, Union, carriacou et Grenade notre projet rendez-vous !

Bon week-end à tous ! 

 

 

 

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02 mars 2012

MADININA L'ILE AUX FLEURS ET AUX RHUMERIES !

Balata3La Martinique comme la Guadeloupe, les deux grandes îles françaises, font partie de l'Archipel des Petites Antilles, contraction du terme « les Ant-isles de l'Amérique », qui constitue une chaine d'une vingtaine d'iles et s'étend de Grenade au Sud jusqu'à Anguilla au nord, sur une distance d'environ 850 km. La Martinique est constituée d'un ensemble de massifs volcaniques dont l'histoire géologique remonte à 24 millions d'année. Deux grandes régions : au sud-est des paysages qui alternent petites plaines et mornes (collines) de faible altitude. Au nord-ouest, on trouve les plus hauts sommets de l'ile, dont la montagne pelée (1397 m), recouverts d'une végétation tropicale dense. Au nord s'étendent les grandes exploitations bananières. Au centre et au sud, l'élevage et les terres de canne à sucre . Nous y reviendrons car il n'est pas anodin que nous restions aussi longtemps sur cette ile. La visite des distilleries de rhum, et il y en a quelques unes … prend énormément de temps... ! (surtout la dégustation... en parler à notre captain...)

La Martinique est une ile tropicale, chaleur et humidité, soumise aux alizés d'Est. Elle se trouve également sur la trajectoire des cyclones qui prennent naissance aux larges des cotes africaines et qui une fois formés se dirigent vers l'Amérique centrale. L'année se divise en deux saisons principales. La première de janvier à juin se caractérise par un climat sec et tiède, avec très peu de pluie... (sauf cette année...): c'est le carême. La seconde de juillet à décembre est pluvieuse: c'est l'hivernage. C'est durant cette période chaude aux dépressions tropicales fréquentes, que surgissent les cyclones.
Les milieux naturels qu'ils soient marins, ou terrestres sont riches et diversifiés

Nous laisserons de coté l'histoire de la découverte de la Martinique par qui vous savez … et des luttes pour sa domination, entre les trois grands de l'époque, espagnol, anglais et français... durant plusieurs siècles à partir de 1500. Je n'aborderai pas, également, la question de l'esclavage qui est un sujet toujours aussi sensible et douloureux pour les Martiniquais aujourd'hui, depuis son abolition en avril 1848.

La Martinique compte environ 400 000 habitants dont la plus grande partie, certains disent la moitié, vit à Fort de France, ce sont les « Foyalais » (joli, non ?). C'est une société hybride, mélange des premiers Amérindiens Caraïbes, des noirs et des colons européens, qui a donné naissance à l'identité de la « créolité ». Le terme créole serait dérivé de l'espagnol « criollo » et du latin « creare », signifiant « né aux Amériques ». Les békés ou blancs-pays sont les descendants des premiers colons européens, aquitains, provençaux, normands, vendéens, poitevins ou bretons. Ils représentent une minorité de la population entre 5 et 10%. Les grands békés, ceux qui ont un nom et la fortune, détiennent toujours la direction économique de l'ile.

Dimanche 5 février 2012
Anse Meunier - St AnneNous retournons à St Anne, face au Club Med des Boucaniers. Le mouillage est plus agréable et l'on peut se baigner dans une eau claire. Le village offre de multiples possibilités, sauf trouver la viande fraiche dont nous avons envie ! Nous descendons voir le carnaval qui débute cet après-midi, une vingtaine d'associations costumées, défilent dans les rues, se déhanchant au rythme des musiques de ses big bands. Véritable explosion de couleur, de chants et de danses: SUPERBE !

Lundi 6 et mardi 7 février 2012
Nous accueillons Jacques, heureux de trouver la chaleur et le soleil après la neige du sud de la France.  Malheureusement, il nous a amené la pluie.... il pleut, il pleut toute la journée du mardi !

Mercredi 8 février 2012 et jeudi 9
Nous avons loué une voiture pour deux jours, afin de faire connaître l'ile à notre ami qui n'a jamais visité les Antilles. La découverte de la Martinique est pour lui une première sous un crachin très breton, car il continue de pleuvoir... Nous nous dirigeons vers la cote au vent, très découpée, difficile d'accès par bateaux, en raisons des vents dominants d'Est,  des passes étroites et des hauts fonds difficiles pour un bateau avec une quille importante. Nous enchainons le Vauclin, le François où nous ne pouvons ignorer la dégustation du « ti-lagoutte »... (appellation du verre de rhum de 11h du mat..) à l'habitation Clément ! Nous ne nous lassons pas chaque fois que nous sommes en Martinique de venir visiter cette superbe plantation,  son « habitation » coloniale, et son superbe jardin aux essences rares. La « cuvée Charles » et oui... c'est ça la renommée.... est épuisée, nous nous rabattrons sur la cuvée Homère afin de renouveler les stocks du Lady A, pour les prochains apéros !
La promenade continue par le Robert, la Trinité... Habitation Clément2

Nous déjeunerons sur la presqu'ile de la Caravelle, chez Mamy Nounou... recommandée par des amis belges. Désolée Claude, mais Mammy Nounou a perdu la main... quelconque. Pour digérer, visite du château Dubuc.  Nous continuons sur Sainte-Marie, car..il y a une autre distillerie à voir ! SAINT JAMES et nous ne pouvons rater la dégustation du « ti-pape » de 16 heures ! (notre tea time personnel)  Hic... le retour au bateau...
Vous l'aurez déjà remarqué mais notre Captain Marcus ... est un spécialiste incollable sur le rhum !Tartane Mamy Nounou

Nous enchainons jeudi matin, sous un ciel plus clément (non pas la distillerie..)  par la cote sud et l'ouest. Vous vous doutez bien qu'il y a également dans le sud des ….distilleries (La Mauny, Les 3 rivières..) et bien NON ! Aujourd'hui abstinence de rhum (il faut bien que le foie se repose de temps en temps...) de toute façon, nous avons encore à bord des bouteilles de ces deux distilleries.

Sainte-Luce, très joli petit village en bord de mer. Le Diamant et son rocher (le petit Gibraltar). Les Anglais en 1804 transformèrent le rocher du Diamant en forteresse, comme il l'avait fait avec le rocher de Gibraltar, afin d'imposer leur loi aux bateaux empruntant le canal de St Lucie. Mais la légende prétend qu'ils en furent délogés grâce à un subterfuge des colons français, qui firent s'échouer sur le rocher quelques barriques de rhum.. dont les anglais s'enivrèrent, ce qui permit de les capturer sans coup férir !  (j'adore cette légende...) Rocher du diamant

Moins drôle... le mémorial de l'anse cafard. Ce site, orienté vers le cap 110° en direction du golfe de Guinée, est composé de quinze statues de pierre blanche, sculptées en 1998 à l'occasion du cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclave, elles représentent des hommes et des femmes, embarqués de force, et enchainés sur un bateau négrier, qui fit naufrage là, le 8 avril 1830, un soir de tempête.
Nous poursuivons sur les Anses-d'Arlet, les trois îlets où naquit Marie-Josèphe, Rose, Tascher de la Pagerie (quel nom...!)  future impératrice Joséphine.
Visite de la Maison de la Canne à sucre... donc de la fabrication du rhum, mais où nous replongeons dans l'histoire de l'esclavage.
Mémorial anse caffard
Vendredi 10 février 2012
Le bateau est toujours mouillé à Saint-Anne. Rendez-vous est pris avec des amis de Jacques à Grande Anse des Salines. Nous irons à pied en longeant la cote, sur un sentier dénommé  « la trace des caps ». Deux heures … de crapahutage, montées, descentes, heureusement à l'abri du soleil sous les arbres. Mais qu'il est dur de marcher... après des mois d'inactivité sur un bateau. Le décor, « le vaut bien »... Une plage de sable blanc magnifique sur plusieurs kilomètres, avec une eau turquoise. Nous déjeunons sur la plage dans un petit lolo. Cuisine créole, of course, accras, boudins....  Retour en voiture au bateau (ouf !).

Samedi 11 février 2012
Nous décidons de remonter sur Fort de France, en plusieurs étapes. Nous quittons St Anne, direction le Marin pour faire du carburant et de l'eau. Puis nous longeons à la voile la côte que nous venons de faire en voiture, direction l'Anse d'Arlet où nous avons rendez-vous avec Yeratel pour un diner d'au revoir. Nos amis remontent vers le nord. les deux frères

Dimanche 12 février 2012
Bye bye les amis... Jacques ayant besoin de bouger... nous entraine dans une « ballade », qui au départ devait s'avérer facile, niveau 1... et qui en fin de course nous a mis KO !
Je vous recommande la « grimpette » du Morne Champagne... Deux heures de montée, sur des cailloux, à travers la végétation qui vous griffe les bras et les jambes, mieux la descente , après s'être toutefois un peu perdu.... Heureusement que le point de vue sur le Bourg d'Arlet et la langouste que nous y avons dégustée, sans le champagne... en valait la peine, bien que....(voir plus loin)
Soirée pâte chez les amis de Jacques.

Lundi 13 février 2012 et mardi 14
Nous quittons l'Anse d'Arlet avec Momo et Christian, pour une petite balade jusqu'à l'Anse Mitan dans la baie de Fort de France, pour ensuite regagner la baie des Flamands afin de poursuivre la visite de l'ile sur la partie ouest et nord, en voiture.

Mercredi 15, jeudi 16 et vendredi 17 février 2012
Malgré le carnaval qui se profile en fin de semaine, nous avons réussi à louer une voiture. Direction le Nord Est avec le Marigot, le Lorrain, Basse pointe et bien sur …. je vous le donne en mille... MACOUBA …. où se trouve le nec plus ultra du …. rhum : la Distillerie J.M  ! étape incontournable de souvenirs pour notre capitaine. On ne saurait s'y arrêter sans … consommer ni acheter... nous ne faillirons pas à la tradition et la CB va chauffer. Olivier: nous avons un paquet à t'envoyer pour te remettre de tes « émotions et contrariétés» récentes. Un petit rhum vieux de 10 ans avec un blanc pour les punchs ! A ta santé !

Nous continuons notre chemin jusqu'à Grand-Rivière qui est le bout du bout de l'ile côte nord, face à la Dominique que nous apercevons, malgré la pluie, et oui …. et l'alizé qui lève une grosse mer dans le canal... Vite allons nous réchauffer et nous restaurer à AJOUPA BOUILLON (original non ?) au Louis d'Or. Jacques nous invite à choisir le menu avec langoustes... (on ne saurait résister..)

Le patron s'avançant pour prendre la commande, Jacques lui glisse à l'oreille « est-ce une langouste vivante ? »... petite hésitation... mais l'honnêteté du chef l'emporte et il nous explique que nous ne sommes plus dans la période de pêche des langoustes, donc ses langoustes ont été congelés, mais elles sont aussi bonne qu'une fraiche restée 48 h dans son vivier et qui a commencé à se vider ! Nous le congratulons pour son honnêteté (car celles que nous avions dégustées, après notre ascension du Morne Champagne étaient aussi congelées mais on nous avait certifié le contraire !) Nous ne le regretterons pas ce fut SUCCULENT  !

Retour au bateau par la « route de la trace » Le Morne rouge, Fonds st Denis, Pitons du carbet. Paysage campagne normande sous la pluie... avec prairies et vaches, et quelques champs de canne à sucre bien sur !

Nous enchainons le lendemain par la cote ouest. Schoelcher, Case-pilote, Belle-Fontaine, le Carbet (on ne s'arrêtera pas à la Distillerie Neisson, dommage), Saint-Pierre, au pied du volcan de la montagne Pelée, qui s'est réveillé le 8 mai 1902, détruisant la ville entière, faisant 30 000 morts, et coulant tous les bateaux qui se trouvaient au mouillage dans la baie ! Il faut lire (sur internet, les guides) pourquoi les habitants n'ont pas fui  la ville et les différentes raisons qui ont conduit à cette catastrophe, alors que les indices de ce qui allait se passer étaient présents depuis quelques jours.

Nous continuons sur le Précheur, et enfin l'anse Couleuvre, le deuxième bout du bout... côte Ouest.
La jonction Grand-Riviere, Anse Couleuvre ne se fait qu'à pied en longeant la cote escarpée et en traversant un massif tropical. Nous ne pourrons accéder à la Montagne pelée, qui est dans les nuages de pluie. 

Visite du Domaine d'Émeraude, Parc Naturel Régional de la Martinique. Immersion au cœur de la forêt tropicale à travers des sentiers balisés permettant d'observer et d'écouter la nature. Le musée, pavillon de la nature, permet de comprendre les richesses et l'exceptionnelle biodiversité de l'ile.

Balata2Nous finissons notre découverte de la Martinique par l'extraordinaire Jardin botanique de Balata et l'habitation Latouche, l'une des plus anciennes de l'ile, fondée en 1643. 

Samedi 18 février 2012 au mercredi 22 – Sa Majesté VAVAL !
Le carnaval est un temps fort dans la vie des Martiniquais. Le temps s'arrête durant les cinq jours qui vont du samedi au mercredi des cendres. Les boutiques, les administrations, les écoles, sont fermés. Tout le monde se prépare pour les cinq jours à venir. Les rues se parent de marchands de colifichets, costumes et accessoires nécessaires au bon déroulement de la fête. Les maquilleurs, pour 2 euros,  affutent leurs pinceaux et pots de couleurs... je n'y échapperai pas !

Les villes et les villages multiplient les concours de beauté, de danses, de costumes et maquillage, de défilés de chars. Grâce aux masques,  aux costumes qui effacent les signes distinctifs, à l'inversion des rôles (les hommes s'habillent en femmes, et vice versa), au nivellement social, le carnaval remplit un rôle d'exutoire et permet de tourner en dérision les puissants.  Les tensions et les pulsions se libèrent ! La ville est morte le matin et commence à s'animer vers 15 heures jusqu'à pas d'heure le lendemain. Durant ce laps de temps tous les excès sont permis... avec un peu d'imagination on peut se rendre compte de ce que cela peut donner..Des hommes femmes

Le samedi c'est le défilé des Reines. Toutes les catégories sont représentées, qui vont de la mini reine, (enfant d'une dizaine d'année) puis la Jeune Reine (18/ 20 ans) et la Reine Mère (pas d'âge...) Toutes en costume créole. Le dimanche c'est le jour du défilé des associations de l'ile, avec danseurs costumés, et big bands (percussions). Tout ce petit monde invite les spectateurs, qui se sont eux-même grimés,  à les suivre durant des heures dans une farandole de danses (déhanchements très suggestifs..), cris, chants, au milieu d'un vacarme assourdissant provoqué par les « bwajaks » (vieilles voitures très bruyantes, décorées avec plus ou moins de goût... qui ne sortent que pour le carnaval)

Le lundi est consacré aux « mariages burlesques » à l'inversion des identités. Il n'y a pas de limite. Il semble que les hommes adorent s'habiller en femme... et quelquefois c'est extraordinaire... on les envierait presque... ! Là encore tout le monde défile, prend la pose pour les photos, tout cela dans une ambiance joyeuse et bruyante. Mardi gras c'est le jour des diables, tout le monde est habillé en rouge et on recommence à déambuler dans les rues. Puis mercredi des cendres c'est le jour de la mort de Vaval, qui va être brulé sur la plage, au cri de « Vaval mô, Vaval mô » !. Tout le monde est en noir et blanc pour la circonstance et la fête se termine très tard dans la nuit.

Le lendemain … tout est redevenu normal ! Stupéfiant...!

Notre ami Jacques nous a quitté mardi 21 pour regagner sa famille. Il laisse un grand vide sur le bateau  et nous espérons qu'il aura apprécié son intermède Martiniquais en notre compagnie.

Jeudi 23 au 29 février 2012 et oui année bissextile !
Peut-être que ceci explique cela … ! Le mauvais temps est de nouveau de la partie, beaucoup de grains, il pleut pratiquement toutes les heures, mais non … je n'exagère pas... ou si peu...!  du vent fort  et avis de grand frais, nous obligent à rester au mouillage de la baie des Flamands. Nous y avons retrouvé des bateaux copains, tel que Nomad, René-Jean et toute sa famille avec qui nous avons passé une soirée musique à bord du Lady A. Nadjas, (Marco, Nadine et Jason) rencontré à Tenérife pour plusieurs apéros... Les vacations BLU du matin, nous permettent de rester en contact avec ceux qui nous ont quittés.

Dès que le temps sera revenu au beau.... nous allons reprendre la mer, c'est promis ! Donc à bientôt ..!

 

 

  

 

 

 

 

 

 

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05 février 2012

DIRECTION LA MARTINIQUE

Lundi 16 janvier 2012
La dominique 1
 6h – Tout le monde sur le pont... larguez les amarres ...on repart ! Dur, dur de se réveiller au petit jour ..nous avons perdu les habitudes de quart.
7h – nous quittons le mouillage de l'ile Gosier après une dernière soirée apéritive avec un nouveau bateau copains TANA. Colette dite Coco, et Gérard dit Gégé ! Après de nombreuses navigations et un tour du monde ils ont décidé de rentrer en métropole pour les 70 ans, cette année, de Gégé. (Où serons-nous pour nos 70 ans ? … peut-être à Castelluccio...!) Jean-Claude et Thérèse si vous lisez ces lignes, ils habitent tout près de chez vous à Talmant St Hilaire. Nous serons heureux de les revoir, lors de la célébration du cinquantenaire des trois mousquetaires en septembre 2012 (Bernard, Jean-Claude et Marc !) C'est toi, bien sur, Jean-Claude, qui t'occupes de l'organisation. ?

Nous quittons donc notre « abri » pour descendre sur la Dominique (ile entre les 2 grandes Françaises) que nous atteindrons vers 16h30. Vent 20 nœuds au travers, mer relativement belle, avec une houle que Lady A chevauche allègrement. Trinquette (on ne la quitte plus...) et 2 ris dans la GV vont nous permettre de passer une journée cool, cool....Mouillage Roseau Mouillage à Roseau sur bouée, 10 dollars caraïbes (3 euros..) Nous sommes dans une ile sous influence anglaise et nous devrons remanier la langue de Shakespeare !
Le Roseau guest house
Un peu d'histoire : L'ile a été découverte (mais non, pas par lui...) un dimanche de novembre 1493, ce qui lui valu son nom de Dominique. Au XVIIème, les Français (encore nous...) la convoitent en raison de sa situation entre Guadeloupe et Martinique. Nos amis anglais prirent plaisir à nous en déloger. Les guerres reprirent pendant plus d'un siècle. Mais les autochtones « les indiens caraïbes » ,ne furent pas de cet avis et réussirent, grâce à leur connaissance du terrain et à leur férocité (ils en mangèrent quelques-uns...), à repousser français et anglais qui abandonnèrent les hostilités et déclarèrent « l'ile neutre » en attendant des jours meilleurs pour la coloniser. La Dominique revint au Anglais en 1748 mais les Français ne l'abandonnèrent qu'en 1805 contre (enfin) le paiement d'une substantielle indemnité (c'était pas trop tôt...) Les Indiens Caraïbes furent regroupés dans une réserve d'environ 2000 ha, située sur la cote au vent... on estime aujourd'hui leur nombre à 3000.

L'indépendance de l'ile date de 1978 et fut suivie de troubles politiques importants, l'année suivante. Le 29 août 1979, le cyclone David frappait et détruisait une partie de l'ile anéantissant les efforts de développement entrepris. La nature sauvage et souvent impénétrable de l'ile, ses plages austères et ses rivages abrupts ainsi que l'absence d'aéroport, sont autant de facteurs qui n'ont pas favorisé son développement. L'ile est pour l'instant préservée du tourisme de masse et ne peut compter que sur ses propres ressources. Le pouvoir d'achat de ses habitants reste bien inférieur à ses voisins français qui sont rattachés à la métropole. La Dominique vaut pour l'intérieur de ses terres couvertes d'une épaisse végétation tropicale d'où jaillissent fumeroles et cascades, alimentant des lacs d'eau fraiche ou bouillonnante.
Nous devons repartir, mais nous y reviendrons par la terre. Cap sur la Martinique !

Mardi 17 janvier 2012
 7h – sommes prêts à quitter la Dominique pour rallier Fort de France, environ 45 MN, dont 15 MN pour le canal qui sépare les 2 iles. Le mouillage a été agréable hier soir, une véritable mer d'huile.... J'ai donc dit à mon captain (bien.....) « il faudrait peut être naviguer un peu plus à la voile … et laisser reposer le moteur au moins 24 H...! » - »Ok pas de problème... » (j'en suis encore étonnée..) « mais il va falloir plus de toile ... » « on peut prendre seulement deux ris...? » Bon il me semble que nous allons avoir un parcours « easy ».
Nous commençons à avancer sous le vent de l'ile, la cote est magnifique couverte d'un vert profond … la mer est d'huile....
Séquence frisson :
8h – je commençais à apercevoir au loin quelques petits « moutons » sur l'eau...ok j'assume... cela va aller... Mais …. dès que nous avons passé le bout de l'ile et que nous commençons à « embouquer » le canal.... je sens un grand frisson me parcourir... ! Le vent passe subitement de 10/15 nœuds au travers à 25 nœuds, 30 et plus dans les rafales... la mer est creuse 2 à 3 mètres de vagues...
Je commence à pâlir et regrette ma suggestion des 2 ris... Vite, vite … on prend le troisième et dommage qu'il n'y en ait pas quatre ! 3 ris dans la GV et trinquette bordée nous filons entre 7 et 9 nœuds. On ne peut rien faire de plus, nous sommes au minimum de la voilure. A moins de prendre un ris dans la trinquette, mais Olivier n'étant pas là, personne ne veut se risquer sur le pont... balayé par les vagues. Quatre heures de shaker !

Fort de France16h30 nous sommes dans la baie de Fort de France. Nous hésitons à mouiller à l'anse Mitan, trop ventée. Nous optons pour l'anse des Flamands au pied du Fort Saint Louis et à quelques mètres du centre ville. OUF ! ARRET MOUILLAGE ! Ce soir diner en « amoureux », canard, purée aux oignons et raisins, crêpes flambées au rh.... et bien sur un bon shrubb maison, on l'a bien mérité !
« mérité ».... cela reste à prouver.. Je viens de lire l'article sur le trophée Jules Verne que Loïck Peyron, et ses 14 équipiers..., viennent de gagner : le tour du monde en 45 jours.. Jules doit se retourner dans sa tombe ! (départ le 22 novembre 2011 et arrivée le 6 janvier 2012,). 29.000 MN (oui vous avez bien lu....) vous savez faire la conversion en kilomètre ?. Vitesse maximale atteinte 48 nœuds (presque 100 km/h) mais oui... avec un bateau, enfin si on peut appeler « l'engin » un bateau... Distance moyenne journalière 644 MN (1193 km) … hallucinant... ! Il nous faut plus d'une semaine pour faire la même distance.... Bon j'arrête... je suis en train de me faire très mal... moi qui comptait appliquer les principes de la psychologie cognitive...! Cathédrale FdeF

Mercredi 18 janvier 2012
Nuit tranquille, beaucoup de bateaux de toutes les nationalités sont venus s'abriter sous le fort. La vue sur la ville est magnifique. Journée off, balade en ville. Le paysage, et la ville ont bien changé depuis notre dernière visite il y a 7 ans. Les quais ont été refaits à neuf, enfin on peut laisser son annexe et partir tranquillement à pied dans les rues piétonnes. La balade est pittoresque avec les « doudou » qui t'abordent et te donnent du « bonjour ma chérie, comment vas-tu ? » c'est plutôt sympa et accueillant !

Jeudi 19 janvier 2012
Il nous faut penser au ravitaillement, car nous attendons Rebecca et Rodolphe qui nous accompagnent pour quelques jours de visite dans le sud (les Grenadines) et surtout dans les Tobagos cays. Un peu d'histoire …. Les Grenadines, pas le sirop rouge que tous les enfants adorent, et dont Laurent Voulzy a fait une chanson …. très mélancolique... et sucrée... Il s'agit de l'archipel constitué des :
Grenadines de st Vincent (ile principale, la plus au nord) et qui comprend : Bequia (prononcé Béquoué) – Moustique (célèbre par une princesse anglaise...) - Canouan – Mayreau – Tobagos Cays (on y reviendra..) Union – Palm – Petit St Vincent
Grenadines de Grenada (ile principale la plus sud) qui comprend : Petite Martinique et Carriacou

Toutes ces micro-iles volcaniques (pour la plupart désertes) dont les plages de sable blanc sont serties de coraux, avec une eau limpide sur fond d'émeraude sont d'une beauté naturelle époustouflante lorsqu'on les découvre pour la première fois ! (pour une fois les dépliants publicitaires ne mentent pas) Elles sont séparés les unes des autres de quelques miles, ce qui rend la navigation facile. Malheureusement l'envers du décor, c'est le développement du tourisme et le nombre de bateaux de plus en plus important (on en fait partie aujourd'hui..) Il faut espérer que les autorités sauront préserver encore longtemps ce joyau de la nature.

Vendredi 20 janvier 2012
12 h- Ils sont là ! Super contents de nous retrouver et de partager avec nous le Lady A ! Déjeuner à bord et nous décidons pour les amariner de passer la nuit à l'anse d'Arlet. Une bonne heure de navigation sous le vent, au moteur... bye bye Fort de France et à bientôt .. Très jolie l'anse D'arlet, belle plage de sable blanc et eau translucide comme je l'aime. Surprise... nous y retrouvons Chantal et Michaël sur Cajou qui remontent vers le nord vers les Iles vierges, Cuba, un peu dépités par le « mauvais temps » qu'ils ont eu jusqu'à présent. Beaucoup de vent et prés serré ...Rendez-vous est pris pour mai. Nous devrions les retrouver à Grenada Cuisine créole ce soir : rôti de porc à l'ananas et riz.

Samedi 20 janvier 2012
7h30-Nous quittons l'anse d'Arlet direction st Lucie, Rodnay bay. Bonne navigation par le travers, avec une mer « douce » et un vent normal pour la saison autour de 20 nœuds.
12h30 – Nous sommes à la marina de Rodnay pour faire les pleins d'eau et de G.O et une halte dans la baie pour le déjeuner. Puis nous reprenons notre route pour passer la nuit tout au sud, aux deux pitons. Belle baie pour milliardaire... (Hôtel de luxe, on dit ici Resort.., à 10.000 dollars la semaine...). Un coin vraiment paumé... beau certes... mais à part y passer sa lune de miel, et on comprendra ce que cela veut dire...je n'y passerai pas une semaine, à ce prix là. Mouillage très rouleur (donc nous, nous n'avons pas dormi de la nuit, et nous n'étions pas en lune de miel...!) Le coté positif, nous y avons retrouvé nos amis canadiens Stéphane et Stéphane (et oui ..) rencontrés à la marina de Pointe à Pitre. Ce sera l'invitation du soir pour l'un des Stéphane, l'autre étant parti raccompagner « sa blonde » à l'aéroport. Une soirée, pâtes « trapounette » précédées, d'un apéro fort arrosé de capirhina (on avait trouvé des glaçons à rodnay) et dont la conclusion fut un digestif... (mélange de rhum « maison-bateau » !). Le retour de Stéphane à son bateau dans l'obscurité la plus totale fut assez hasardeuse..!

Dimanche 22 janvier 2012
7h- Debout les braves …! Nous avons notre plus longue route à faire... environ 50 MN, direction Bequia, avec le canal de St Vincent à passer. Deux ris dans la G.V et trinquette (on ne la quitte plus..) vent établi à 20/25 nœuds, rafales à 30 ! mer houleuse avec des creux de 2 à 3 mètres.
13h- déjeuner sandwich ! On se rattrapera ce soir... avec velouté de légumes, poulet noix de coco et crêpes bananes flambées ! Rebecca et Rodolphe profitent pleinement de la navigation et se font bronzer … aie les coups de soleil, et les rincées d'eau de mer ! Nous sommes dans le canal... il nous reste quelques miles à faire.. beaucoup de bateaux dans les parages. Brusquement nous apercevons un zodiac qui franchit les vagues (2 à 3 m) en s'approchant de nous. Un homme est debout, attaché au bateau, avec un bras tendu vers le ciel portant un objet qui va s'avérer être.... un appareil photo ! Stupéfiant et gonflé le gars ! Il mitraille le Lady A sous tous les angles.. et nous comprenons qu'il s'agit d'une idée géniale... nouveau concept.. car il est difficile de prendre son propre bateau dans une bonne mer formée lorsqu'on est dessus ! Nous allons certainement le retrouver à Port Elizabeth, notre prochaine escale !
Très jolie baie, bien fermée, environ une centaine de bateaux y sont mouillés, soit sur bouées soit sur ancre. Ouf, enfin un peu de calme, malgré les 18 nœuds de vent qui déboule des collines à l'est. Nous passons une bonne nuit.

Lundi 23 janvier 2012
Lady A à Bequia 3 ris dans 35 ktsBequia, Port Elizabeth.. nous devons faire notre clearance d'entrée pour les grenadines. Cela va nous coûter une centaine de dollars US, juste pour pouvoir passer 3 jours dans les tobagos cays … (il faut bien traire les vaches de temps en temps...) Notre photographe « kamikaze » nous propose une photo du bateau dans un cadre pour 40 euros... ou d'avoir le reportage complet, environ 30 photos, pour 140 euros.. Nous optons pour une photo sur CD à 40 euros. Petit tour au marché local pour les fruits et légumes.
11h-Nous quittons Bequia, direction Mayreau environ 25 MN.
Salt whistle bay15h-Nous mouillons au milieu d'une vingtaine d'autres bateaux à Salt Whistle bay. Pour ceux qui connaissent ils pourront avoir une vision de ce que cela signifie de promiscuité, vu la dimension de la bay.. Il s'agit essentiellement de gros cata Catlante 600 (charter à la cabine) et de quelques bateaux propriétaires. Beau, très beau le site. Nous sommes vraiment dans les Grenadines, mais le mouillage est très rouleur, et on espère que cela va se calmer pour la nuit. La plage est d'un beau sable blanc avec une belle végétation de cocotiers, et des petits lolos. De nombreux boat boys nous proposent leurs services , sans être trop prégnants. Nous étions déjà venus en 2005, mais à ce moment là nous étions peu nombreux et le temps était beaucoup moins venté ! Petit tour à terre, baignade et apéro sur la plage. Le monde est petit … nous y rencontrerons Florence, sur le bateau de Xavier, qui ayant lu notre blog en France a reconnu le bateau et est venu à notre bord prendre un verre... incroyable non ? Salt whistle bay 2

Mardi 24 janvier 2012
Encore une nuit sans sommeil ! Royal ce petit déjeuner à 8 heures du matin... On a le temps.. car nous allons aux Tobagos, c'est-à-dire, à 2 MN d'où nous sommes. Nous entrons par l'étroit chenal qui conduit aux cays. De nombreux bateaux y sont mouillés ce qui nous oblige à slalomer entre les hauts fonds et les bateaux. Toujours magnifique la vue qui s'offre à nous ! Voir les photos, car c'est indescriptible, il faut y aller ! Les Tobagos cays sont formés de cinq petits ilots, perdus dans une multitude de coraux, accessibles par des passes et protégés du large par une grande barrière de corail appelée « horse shoes reef » (fer à cheval) et une autre plus à l'est « World's end reef » (le récif de la fin du monde... ) On va plonger sur la (les) barrières, dans une eau turquoise, pour voir les multiples poissons colorés, les raies géantes, les tortues. On peut les toucher, ils viennent même tout près de vous, voir quels sont ces étranges poissons avec leur masque ! Le site étant une réserve protégée, les poissons ne craignent pas les prédateurs que nous sommes ! Barrière corail et BarradalLes cinq petits ilots sont : Petit rameau, Petit bateau, Baradal, Petit tabac (au delà de la barrière) et le seul nom « étranger » Jamesby ! C'est pas beau … tous ces noms qui sonnent bien français et qui le sont restés, malgré que nous ayions perdus ces ilots au profit de nos amis anglais... certainement lors d'un traité du type Versailles sous un Roi Louis X …?
Nous mouillons sous le vent de Baradal. Petite altercation avec un américain... qui hurle, parce que nous risquons de mouiller sur son ancre ! (on voit bien qu'il ne connaît pas notre captain...) . Échange de bonnes paroles et de doux nom d'oiseau... Enfin, il quitte les lieux... Cela me rappelle le même incident en 2005 avec un autre américain (mais nous n'étions pas concernés). S'agit-il du même ? May be ?
 Petit TabacLes boats boys sont là, avec leurs bateaux colorés qui tournent autour de nous ! Ils nous proposent du poisson, des langoustes, du pain (entre trois et six euros la baguette), des T shirts... enfin tout ce dont on peut avoir besoin, rien ne leur est impossible, dixit John, l'un d'entre eux ! Sauf un poisson rouge (pas celui du bocal) pour ma soupe de ce soir ! Nous passons enfin, une journée complète sans navigation, à ne rien faire... ou si peu... . Baignade, lecture, bichonnage....

Mercredi 25 janvier 2012
Deuxième journée aux Tobagos ! Et barbecue de langouste sur la plage ! (après une dure négociation des prix..) C'était succulent ! Il fait beau et chaud... mais demain nous devons remonter, en plusieurs étapes, sur la Martinique, Rebecca et Rodolphe poursuivent leur voyage vers la Dominique et Marie Galante. Langouste

Jeudi 26 janvier 2012
Nous mettrons six heures à rejoindre Bequia, étape obligatoire pour faire sa clearance de sortie. Nous retrouvons avec plaisir Port Elizabeth, son mouillage,ses boats boys. Son marché local très pittoresque mais difficile pour ceux qui ne sont pas habitués (moi par exemple...) On est littéralement « agressé » par les marchands qui veulent tous en même temps vous vendre quelques choses en tournoyant autour de vous... Quant aux prix, ils ont tout de suite vu que vous n'êtes pas du coin...Il faut alors discuter dur pour payer au moins comme en France, et non pas plus...! Aie la mondialisation de l'information. Nous retrouverons à Port Elizabeth nos deux Stéphanes canadiens qui descendent sur les Tobagos ! (on s'est perdu... on s'est retrouvé.... chanson de J. Moreau, tout à fait adaptée !)

Vendredi 27 janvier 2012
7h- nous devions partir ce matin pour St Vincent, environ 17 MN avec traversée du canal de Bequia-St Vincent. C'est là où il y a une grosse accélération des vents et où la mer lève de grosses vagues en général. Toute la nuit le vent a soufflé en rafales dans la baie, l'ancre a chassé, et notre captain n'était pas heureux de se lever plusieurs fois dans la nuit pour vérifier si nous ne sommes pas sur les autres bateaux ou sur la plage. La météo prise ce matin n'est pas bonne... il y a un coup de vent annoncé sur la zone... (entre 25 et 30 nœuds établi, rafales autour de 35/40 nœuds....) il y a déjà 20 nœuds dans le mouillage...qui est censé être abrité ! Décision est prise de rester à Bequia aujourd'hui, on verra demain...

Samedi 28 janvier 2012
Pas d'accalmie, cela souffle encore très fort. Rebecca et Rodolphe nous quittent ce matin, ils prennent le ferry et ensuite l'avion à St Vincent. Dans le village c'est jour de grand marché. Les étals regorgent de fruits et légumes... c'est l'une des iles les plus riches de l'archipel. Journée paisible... nettoyage... rangement, sieste, lecture. Nous attendons ce soir Dominique, Thomas et leurs amis pour un apéro. Nous décidons que nous nous mettrons ensuite au régime (alimentaire et alcool) car nous en avons bien abusé durant le séjour de nos deux jeunes amis.

Séquence souvenir ….
19h - Arrivée de Dominique, Thomas et leur amis pour un verre (enfin plusieurs, à vrai dire) sur le Lady A. « Bonjour, bonsoir, comment allez-vous.... nous sommes heureux de vous accueillir.... comment vous appelez-vous ? D'où venez-vous ? Etc, etc ….. «  -Je vois soudain Marc se figer avec des yeux ronds en regardant Aïcha …. Marc : « voulez-vous répéter votre nom de famille Aïcha ? Oui bien sûr.... Aîcha Castet .. Avez-vous connu un François C.. ? oui c'était mon mari ! Pas possible s'exclame Marc.... c'était mon professeur de guitare à Alger en 1958 ! Yeux ronds et stupeur de Aïcha ….!Souvenir
et voilà comment on remonte 54 ans en arrière.... et on redécouvre aux Antilles (la porte à coté) des personnes que l'on a connues lorsqu'on était adolescent... STUPEFIANT NON ? L'histoire continue avec Gérard... qui avait un pointu à Golfe Juan.. De même, il connaissait des personnes dans la résidence à Antibes où nous avons vécu plusieurs années, avant de migrer dans le Var. Inutile de vous dire que nous avons passé une excellente soirée, fort arrosée !

Conclusion : si vous voulez retrouver des amis, des parents, dont vous avez perdu la trace … depuis de nombreuses années, rendez-vous aux Antilles !

Dimanche 29 janvier 2012
Il pleut, il pleut bergère.... ! Enfin un gros grain pour rincer tout le sel accumulé depuis plus de 10 jours. Ce matin nous quittons enfin Bequia, direction St Vincent, pour le mouillage de Cumberland.
Cumberland bay
Quelques mots sur St Vincent qui est une des iles les plus pauvres de la région. Nous hésitions à faire escale, car au cours de nombreuses discussions avec d'autres navigateurs, beaucoup nous la déconseillaient, en raison de l'insécurité. Mais Léona connait depuis plus de 20 ans les parages, et nous a assurés que les choses ont beaucoup évolué dans le bon sens. Nous ne l'avons pas regretté. Les gens sont accueillants, et moins solliciteurs que dans d'autres iles. Il suffit d'accepter de payer ce qu'ils proposent (fruits, légumes, services) nous ne serons pas plus riche et pour eux c'est souvent leur principale ressource. Car le niveau de vie n'est pas celui des grandes iles françaises.

Le vent s'est calmé, la mer est acceptable, et nous filons avec Leona. En remontant la cote sous le vent nous passons devant wallilabou bay (où le film « pirates des caraïbes » s'est tourné) Mais plus rien ne subsiste des décors du film. Cumberland bay est une jolie crique bordée d'une plage se sable noir. Nous mouillons cul (c'est l'expression usuelle) du bateau à la plage avec une haussière à terre et l'ancre à l'avant. Spaghetti party à déjeuner sur Leona (histoire de continuer à se rappeler les souvenirs des années 60..) et ce soir restaurant au Blackbaron tenu par des français. Enfin on peut porter autre chose, qu'un vieux short-T.shirt et se mettre un peu de couleur sur la figure !

Lundi 30 janvier 2012
Debout les braves ! Le shaker nous attend … Nous quittons avec Leona et six autres bateaux , de bonne heure, le mouillage tranquille et reposant de Cumberland ! Direction nord, St Lucie, Rodnay Bay , avant notre traversée du canal demain qui doit nous amener au « grand cul de sac » (joli comme terme) et à la marina du marin (comme si c'était nécessaire de rappeler qu'une marina c'est pour les marins...) Nous mettrons neuf heures pour faire les 50 MN vent debout... mais une mer pas trop mauvaise (c'est déjà ça). Diner musical à bord de Lady A, avec les « Léonariens » et le rhum qui coule dans nos gosiers asséchés par le vent de la journée. Mais la fatigue se fait sentir... 22 heures, extinction des feux … tout le monde regagne sa couchette.

Mardi 31 janvier 2012
Dernier jour de janvier (déjà..) Nous avons réussi à capter Vali (notre ange Yeratel) à la BLU. Ils sont aux Saintes et eux aussi ont un temps très médiocre. Mais cela semble normal, c'est l'hiver (sic)... Nous devrions les retrouver au Marin, à la fin de la semaine. Nous y attendrons notre ami Jacquot, notre kiné bien aimé... qui va enfin pouvoir « tripoter » nos douleurs et redonner une nouvelle jeunesse à nos muscles un peu fatigués !
11h – Nous quittons Rodney bay pour le Marin. Nous savons déjà que ce sera au près serré, avec moteur pour nous, si nous voulons garder un bon cap pour faire le moins de route possible.
15h – Nous tombons l'ancre au mouillage de St Anne, face au Club Med du Boucanier. Nous avons regagné la Martinique.

Mercredi 1er février au samedi 4
Nous rejoignons Leona qui est mouillé dans Grand cul de sac. L'immense et profonde baie où se trouve la seule marina de la cote sud-est de la Martinique. Des centaines et des centaines de bateaux sont là, certains sont inhabités, propriétaires repartis, ou bateaux à l'abandon, cassés. Le site n'est pas particulièrement beau (à mon goût), mais nous n'avons pas à bouger ! Visite à terre, courses, lavage, la vie terrienne quoi !

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11 janvier 2012

SUR LA ROUTE DE .... ST BARTH !

Jeudi 15 décembre 2011
11h – grand nettoyage du bateau et de son équipage.. pour récupération ce soir de Myriam et Mahé. Entrée à la Marina, et oui nous sommes français, mais nous venons de l'étranger, donc clearance. Quelques course de frais, car nous repartons sous 48 heures..., location de voiture... La vie terrienne (vous connaissez) reprend son cours.
19h – direction aéroport …. LES VOILA ! On s'embrasse, se congratule, comment ça c'est passé (le vol, la navigation..) Tant de choses à se raconter... mais la fatigue pour les uns comme pour les autres (décalage horaire) nous tombe dessus, vite dodo, demain est un autre jour terrien !

Vendredi 16 et samedi 17 décembre 2011
Météo pourrie à partir de mercredi : vent fort et mer agitée … notre programme de monter sur le nord direction St Barth, en faisant la visite des différentes iles sur notre parcours, est encore modifié. Il nous faut arriver avant le mauvais temps, donc il faut partir rapidement avec une remontée directe, la plus rapide possible. Nous quittons la marina en fin de matinée de ce samedi, après les pleins d'eau et de G.O. Une première étape de 30 MN, pour amariner notre nouvel équipage, et surtout pas de navigation de nuit. Nous mouillons dans une très jolie crique « anse de la barque » sous le vent de Basse terre après avoir pêché un superbe Thazard (ça continue...) remis aussi sec à l'eau … because « la ciguatera » (toxine dangereuse, pour l'homme, des gros poissons en bout de chaîne... les gros mangent les petits, etc...)

Dimanche 18 décembre 2011
6h – départ pour NEVIS environ 80 MN que nous ferons pratiquement au bon plein, pour ne pas dire au près... dans une mer agitée.... pour partie à la voile et au moteur pour pouvoir avancer (ligne droite) sans être obligés de tirer des bords pour faire uniquement de la voile. Aie …. le budget G.O..

Nous qui venions de connaître une navigation « à plat » allure grand largue … cela change du tout au tout. Gîte, tapage dans les vagues, gros paquets de mer qui inondent le pont et ses occupants... ciel couvert, grains... la totale ! Horreur … (où est passée notre transat ?) Nous longeons l'île de Montserrat et voyons le volcan de la soufrière (toujours en éveil..) qui en 1995 a ravagé une partie du sud de l'île. De grandes coulées de lave ont fait disparaître la ville de Plymouth. Une grande partie du sud de l'île est interdite de mouillage et nous devons passer au large. Nous atteindrons à la nuit tombée le mouillage de « Pinneys beach » sur la cote Est de Nevis.

 undi 19 décembre 2011
Journée d'enfer … (pour moi). Encore 45 MN pour atteindre St Barth. Tout au près ! Vent 20 nœuds … mer forte (lexo SVP) et encore au moteur, grand voile à 1 ris, petit génois, gîte assurée !
Nous arrivons à St Barth vers 17 heures « cassés » ! Nous mouillons à l'entrée  du port de Gustavia (le port en cette saison étant réservé aux gros « yachts »...) au milieu des bateaux pour la plupart résidant à l'année à St Barth et travaillant sur l'île. Premier diner chez Laurent et Catherine, avec un barbecue monstre ! Enfin de la viande bovine et ovine !

Petite semaine de Noël en famille, enfants (il manque Nicolas) et petits-enfants à faire la fête. Balades et kite surf pour certains.... plage, baignade et repos pour les anciens...

Quelques mots d'histoire sur les îles que nous allons rencontrées en partant de st Barth :

Le port gustaviaST – Barthelemy (St Barth)
Christophe Colomb, découvre l'île et lui donne le nom de son frère Bartholomeo, lors de son deuxième voyage. Vers 1665 une centaine de paysans venus de l'ouest de la France prennent possession de l'île qui était jusqu'alors dédaignée de tous, en raison de son sol aride. Un siècle plus tard ils étaient 600 (bonjour la consanguinité...) à s'échiner sur une terre dure et s'y cramponnèrent malgré les anglais (encore eux...) soudain intéressés par la situation stratégique de l'île... En 1784, Louis XVI (pas le meilleur cru..) céda le tout, l'île et ses habitants, à la Suède contre un « vague » droit d'entrepôt dans le port de göteborg … ! (toujours pas doué pour les affaires ces monarques... qui nous gouvernent) Pardi... les suédois ne perdirent pas au change, car profitant de la guerre franco-anglaise.. ils firent de Gustavia (nom du roi de Suède de l'époque Gustave III) un port franc, (toujours d'actualité). St Barth le village

L'affaire fut rentable pour les suédois car tout le trafic de la Caraïbe pouvait y transiter à l'abri des combats. Malheureusement « les St Barth » n'y gagnèrent pas au change. Les guerres prenant fin un jour... Un siècle plus tard, la France accepta (J'ai perdu le compte des Louis...) de la racheter... (et oui, encore une bonne affaire...) en 1877 pour 80 000 francs or (à vous de faire le calcul actuel..). La France récupéra donc ses « paysans toujours normands » (pas de métissage...) Ils étaient en 1960 à peine quelques centaines d'habitants pour une vingtaine de patronyme.

St Barth nuitJusque dans les années 1970/80 l'île n'avait aucune infrastructure routière et hôtelière. C'est Rémy de Haenen, marin, aviateur et maire de St Barth qui fit construire les premières routes et inaugura une piste d'atterrissage pour relier St Barth aux autres îles. Les touristes arrivèrent très vite... et achetèrent les terrains « aux St Barth » (erreur fatale... car le prix du terrain aujourd'hui se négocient avec un nombre incalculable de zéro derrière les deux premiers chiffres !) Le grand boom touristique et immobilier s'est développé à partir des années 1990 pour atteindre son « presque » maximum aujourd'hui.... Car St Barth est devenu la Mecque de la richesse et de l'opulence. Grandes marques (Vuitton, Hermès, Dior, Cartier...) sont présentes sur l'île pour ceux qui ont les moyens de passer la porte des boutiques . Démonstration du plus gros bateau (yacht) (celui d'Abramovitch, de Mark Allen, de Vanessa Paradis (ou de son frère jumeau) et tous ceux que nous ne connaissons pas...les 1% les plus riches du monde, venus passer les fêtes de fin d'année entre amis !)Tous battant pavillon « des paradis terrestres » réservés à l'élite !

St KITTS – St Christophe Ponton st Kitts
Découverte, ainsi que Nevis et Monserrat, par Christophe Colomb (encore lui..) en 1493 et à qui il donna son prénom, fut la base des colons français et anglais pour conquérir les autres iles à partir de 1624. Les Français et les Anglais s'allièrent (cela arrive certains siècles !) pour combattre les autochtones « caraïbes ou karibs » et les Espagnols. (Je simplifie..) un partage de l'ile fut adopté, le nord et le sud revint au Français et tout le reste... aux Britanniques ! En 1713 Louis XIV (encore un Louis pas très dégourdi...) cède la partie Française aux Britanniques... (on ne sait pas contre quoi... ou combien..). Le traité de Versailles en 1783 (encore Louis le XVIème...) confirme la possession de l'ile à l'Angleterre. Enfin, en 1983 la fédération st Kitts-Nevis obtient son indépendance, comme état au sein du Commonwealth. St Kitts Major bay

NEVIS
Volcan NevisC. Colomb la découvre en même temps que St Kitts et la nomme Las Nieves car les fréquents nuages qui couronnent les sommets de l'île donnent l'illusion de sommets enneigés. Nevis contrairement à St Kitts ne fut occupée que par les anglais, malgré quelques attaques des Français... Elle devient au XVIIIème siècle une île prospère couverte de plantation et de riches domaines. Elle connut des hommes illustrent : l' Amiral Nelson (bien connu de notre captain Marcus. Il peut vous raconter la bataille de Trafalgar dans ses moindres détails, y compris comment le corps de l'amiral fut conservé pour être ramené en Angleterre... qui peut faire mieux ?) s'y maria. Alexandre Hamilton (un des fondateurs de la constitution des USA) y naquit.

MONTSERRAT premier pas !
Découverte par qui vous savez (toujours le même..) en 1493. Il lui donna, par la ressemblance de ses paysage, le nom d'un monastère de Catalogne. Dès 1632 elle devint le refuge d'Irlandais catholiques inquiétés par les Anglais. Elle fut l'objet de luttes entre Français et Anglais pour sa position stratégique mais elle revint définitivement à l'Angleterre en 1783, Traité de Versailles, (pourquoi une et pas deux... tant qu'à faire soyons généreux... à vous messieurs les Anglais de tirer les premiers..). Le sol volcanique très fertile facilita les cultures dont la canne à sucre. Mais celle-ci périclita dès l'abolition de l'esclavage en 1834.

Fin de l'histoire des iles....

Lundi 26 décembre 2011 et mardi 27

Il nous faut partir et redescendre vers la Guadeloupe pour ramener Olivier, Myriam et Mahé à Pointe à Pitre qui rentrent le 2 janvier 2012 en France.
Nous décidons de faire cela en plusieurs étapes, sans trop se presser. Avec une météo qui semble meilleure qu'à l'allée … à suivre. Tout d'abord St Kitts 30 MN, nous mouillons dans une jolie baie « major's bay » au sud face à Nevis dont nous sommes séparés que par quelques milles. Nous y passerons la journée de mardi, sur une belle plage de sable blanc. Baignade et ballade, il fait beau et chaud, l'eau est à 27 °. En fin d'après-midi, nous décidons d'aller mouiller à Nevis, cela nous fera gagner une heure pour demain, où nous avons 80 MN pour regagner le nord de la Guadeloupe. En prévision de ce qui pourra se passer demain, nous gréons la trinquette (petite voile d'avant de mauvais temps... qui remplace le génois)

Mercredi 28 décembre 2011

4 h du Mat ! 
Les « fadas » sont en route.... soit on part de bonne heure (de nuit) et on arrive de jour, soit on part de jour et on arrive à la nuit.... (La Palice) ahhhhh ! (on préfère arriver de jour)

Vous êtes sûr... de vouloir lire la suite...

Toute la journée nous avons navigué au près serré (serré collé) ! 15/20 nœuds, au près ça tape dur et ça gîte ! Deux ris dans la grand voile, trinquette et moteur, pour faire du cap ! Le pont est balayé par les vagues et malgré la capote et le bimini, nous serons rincés quelquefois, et pour avoir oublié de tirer à fond le capot de la descente, nous allons devoir sécher les planchers du carré... Nous mettrons douze heures pour rejoindre Deshaies, mouillage au nord de la Guadeloupe !

 Jeudi 29 décembre 2011Deshaie
12h – après une nuit à peu près calme... nous quittons, après la plongée de Myriam et Olivier, le petit village de Deshaies. Descente sous le vent de l'ile vers la réserve Cousteau, l'ilet Pigeon. Mouillage très rouleur, nuit sans sommeil... (une de plus)

Vendredi 30 décembre 2011
Olivier et Myriam font une nouvelle plongée. Le site est réputé, il s'agit d'une réserve, pour ses fonds, sa faune et sa flore. Nous repartons vers 13h pour faire les 25 MN qui nous sépare de l'archipel des Saintes où nous avons décidé de passer la nouvelle année. Mouillage sur bouées (payantes) à « grand bourg » avec une multitude de bateaux (plus modestes que ceux de St Barth). Nous y resterons trois jours à nous balader dans l'ile à scooter (cela faisant plus de 15 ans que je n'avais pas conduit un 2 roues à moteur...) Mahé a été épaté de voir sa « Mamina » avec un casque et conduire fièrement son destrier ! Il ne voulait plus descendre de celui de son père et répétait MAIE (Mahé) moto, moto.... Son papito lui a fait piloter l'annexe.. il fallait le voir, sa petite main sur la manette des gaz. Son papy disant : accélère, ralentis... comme un chef à deux ans et demi !

Les saintes mouillage

Samedi 31 décembre 2011
Dernier jour de l'année 2011 ! Que dire de cette année qui se termine... Elle fut riche en évènements, en projets, en réalisations, en joie et en peine. Mais elle fut bien rempli, et sans regret !
Dernier approvisionnement pour faire un diner de fête, entre nous :

Ce sera, après le champagne :

  • galette paysanne au chèvre et poêlée de crevettes

  • tournedos (faux-filet arrangé) Rossini

  • Cannelé au chocolat et sa crème anglaise (encore eux...)

  • et rhum maison/bateau of course !

Minuit, feux d'artifice dans la baie des Saintes, superbe !scooter

 BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2012 !

Bonne année 2012

lundi 2 janvier 2012
8h30 – nous quittons Les Saintes direction Pointe à Pitre. Ce soir Myriam, Olivier et Mahé rentrent en France. Les vacances sont terminés pour eux. C'est un grand vide.... au revoir les enfants !

Mardi 3 au 7 janvier 2012

Nous sommes épuisés …!
Nous n'avons pas arrêté depuis notre départ de Mindelo, il y a un mois. Nous avons enchainé après la traversée (2100 MN) , la montée sur St Barth, et la redescente, les fêtes de Noël, et la nouvelle année (fatigantes pour le foie..). Le manque de sommeil et la fatigue générale ont eue raison de nous !
STOP ARRET SUR IMAGE
Nous nous mettons au repos … plus de navigation pour l'instant, on bulle, bulle, bulle …... jusqu'au 19 janvier au mouillage à l'ilet du Gosier. Ensuite... nous descendons sur les Grenadines.

Ilet du GosierIlet du Gosier 2 

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03 janvier 2012

LA TRAVERSEE....

MINDELO – GUADELOUPE – LA TRAVERSEE !

Une petite promenade de 2100 nautiques !

Jeudi 1er décembre 2011
Nous quittons Mindelo à 11h30 (locale) après le plein de G.O (à 0,90 centimes d'euros le litre, c'est pas cher..) Zanzibar que nous avons retrouvé hier soir, nous souhaite une bonne traversée, et rendez-vous en Martinique en janvier ! Voilà … après 15 jours de marina il est toujours difficile d'en sortir, mais nous avons envie de reprendre la mer et de retrouver de l'autre coté la famille, Myriam et Mahé !
Olivier à préparé ses cannes...avec tout le matériel qu'il a ramené... aie mon porte-monnaie, (il m'annonce environ 300 euros !). Nous embouquons le canal, avec 20 nœuds de travers …. et quelques minutes plus tard, la cannes se met à couiner.. Olivier la mine réjouit dit : « je crois que c'est un gros... » bon, pas plus tôt parti, il faut déjà ralentir le bateau, rentrer le génois...soudain, on entend : « M... il a tout bouffé..! » Encore un rapala (tout neuf) de perdu !

12h30- nous longeons la côte sud (pelée) de Santo Antao, direction plein ouest cap 274. La mer est agitée (toujours l'effet venturi entre les iles).
14h – plus de vent ! Il nous faut mettre le moteur pour avancer et nous dégager du canal. Deux autres voiliers ont quitté Mindelo en même temps que nous, mais nous allons rapidement les perdre de vue. Nous sommes maintenant en pleine mer et 2100 nautiques sont devant nous ! 1er déjeuner à bord, nous espérions du poisson, mais nous nous contenterons d'une salade et de jambon.
1er coryphène17h- la canne se met à vibrer … vite, vite … re-manoeuvre (tout cela nous fait perdre notre moyenne..) « M..... P... elle s'est décrochée, mais c'est pas possible.. votre bateau il est marabouté ! »(inutile de préciser qui vient de parler...) On ne se décourage pas et on renvoi la ligne. Aussi tôt dit, aussitôt fait, et hop Olivier sort une coryphéne baby (nous avons du passer au dessus d'une crèche...) Nous sommes contents.. enfin nous avons vaincu le mauvais sort !

Le vent souffle entre 18 et 20 nœuds, mais nous avons une houle de travers qui nous fait rouler. La nuit s'annonce un peu agitée. Nous faisons un surf à 10 nœuds... sur une grosse vague ! Nous avons du abattre de 20° pour que cela soit plus confortable.

Les quarts s'organisent de la façon suivante : 20 h -23h30 je prends le premier quart, (Marc me tient compagnie dans le cockpit tout en sommeillant). 23H30 – 2h30 Marc enchaine le deuxième quart. Olivier prend le troisième de 2h30 à 6h30 et je fais le dernier de 6h30 à 8h30. Dur, dur de dormir tout en naviguant à nouveau, après quinze jours de sommeil sans bruit, bien à plat... Il faut à nouveau trouver à s'amariner... un petit lexo...ne fait pas de mal !

Vendredi 2 décembre 2011 (160 MN)
7h- cette première nuit a été dure pour tout le monde. La mer est agitée, le vent est établi autour de 18-23 nœuds et nous filons entre 7 et 8 nœuds. Tout est instable à l'intérieur, mon jus d'orange valse, la tasse de café se renverse...
9h- Hourra ! Enfin une belle coryphène. On recommence la manœuvre... un bon coup de « grogue » (rhum pas bon...) dans les ouïes et notre poisson trépasse.un beau filet Olivier lève de beaux filets que Marc prépare à la tahitienne (cru) avec des patates douces au lait de coco.. miam... et hop en voilà une autre ! La jupe (du bateau) est couverte de sang... ! Laurent nous transmet la météo et nous lui indiquons notre position. Nous avons fait 160 nautiques en 24 h. Pas si mal, si l'on tient compte que nous avons mis plus de 6 heures pour quitter le canal entre Mindelo et S. Antao. Nous devrions mieux faire aujourd'hui.

Samedi 3 décembre 2011 (173 MN)

7h- Tout le monde debout ! La nuit a été très agitée. Mer croisée frappant la coque de Lady A, provoquant un vacarme épouvantable dans le bateau, malgré que tout soit coincé au mieux de nos possibilités. Nous commençons à nous amariner et notre appétit est revenu... Les cannes sont déjà à l'eau et nous en sommes à notre troisième coryphène … et attendons la quatrième que nous promet rapidement Olivier. Hier soir le risotto avec les restes de la troisième fut un délice ! (un peu lourd pour l'estomac de notre captain...) Enfin, au bout de trois jours … un brin de toilettes (douche avec 7 litres d'eau) n'est pas du luxe... on se sent tout de même beaucoup mieux.
12h TU – nous avons fait 173 milles en 24 h. Une belle moyenne d'un peu plus de 7 nœuds. On peut constater que nous avons un nouveau « régleur » de voiles ! Le défi est de battre Yeratel avec 190 milles en 24 h! Le vent adonne et nous mettons les voiles en ciseau. Déjeuner avec rôti de porc (mes conserves stérilisées) et une potée de légumes à ma façon. Et hop … une belle coryphène se prend dans le nouveau rapala (rebelote pour ralentir le bateau, rentrer le génois...) vite, vite le harnais car notre pêcheur est un peu insouciant en équilibre sans protection sur les passavants ! Belle coryphène d'environ 7 à 8 kgs.

Nous apercevons une voile par notre bâbord, nous allumons la VHF canal 16. Il s'agit d'un Bavaria de 30 pieds, un solitaire qui est parti 24 heures avant nous mais qui file 4/5 nœuds sous génois. Nous nous rappelons à son bon souvenir car nous l'avions rencontré à Mindelo. Moins d'une heure plus tard, nous le perdons de vue car nous filons maintenant autour de 8 nœuds. Le ciel est resté couvert toute la journée, il fait frais. Lolo nous a transmis la météo, toujours de bonnes conditions pour les jours à venir. Petite sieste en prévision de la nuit .
18h- Madame est servie ! Préparation par Marc de beaux steaks de Maï Maï. Nous dinons à l'heure des enfants qui ont école le lendemain !
Je prends le premier quart, et nous décidons de nous passer du radar pour l'instant (économie d'énergie car le pilote fonctionne 24/24 et il est gourmand). Il faut donc veiller avec ses yeux … qui malheureusement ont envie de se fermer. Nous n'avons pas encore pris le rythme. La nuit est belle, le ciel s'est dégagé, la lune, mon amie, nous accompagne. 

 Dimanche 4 décembre 2011 (163 MN)

« un dimanche à la mer.... »

7heures- pas de grasse matinée le dimanche en mer ! Les heures et le programme sont immuables sur l'eau tous les jours de la semaine. Le rythme est pris, les occupations s'enchaînent. Déjà 4 jours que nous sommes partis. Si nous maintenons notre allure, nous devrions arriver autour du 13, 14 décembre. Mais... il faut compter sur une période de calme que nous allons bientôt toucher cet après-midi ou demain. La moyenne va s'en ressentir. Aujourd'hui nous devons reculer nos montres de 1 heure. Nous serons à TU – 2h Nous avons reçu par Iridium des SMS de nos amis Yeratel et Traou Mad. Merci les copains de penser à nous au milieu de l'océan !
A 12h TU nous avons fait 163 MN en 24 heures. Soit un cumul de 496 MN depuis Mindelo. Le seul inconvénient c'est que nous en avons encore 1604 à faire !
17h – depuis plusieurs heures on se traîne autour de 5/6 nœuds. Le vent a faibli, une houle d'Est nous pousse doucement. De gros nuages à l'horizon. On espère ne pas avoir de « grains » cette nuit. Pas de pêche aujourd'hui. Après tout, les poissons ont bien le droit de ne pas se faire prendre le dimanche ! Ce midi coryphène à la crème de curry et riz. D'après mes « hommes »... mangeable... (ils sont durs avec moi.) et pour conclure un flan coco TomNeal enrichi !
18 h – J'ai parlé trop vite ..! Une coryphène inconsciente vient de se prendre dans la ligne de bâbord... encore une ! Du sang de partout, des boyaux à rejeter à la mer (cycle naturel..les gros mangent les petits, et les petits mangent les restes des gros...), le pont à rincer... (comme les grands chefs, Olivier, le préposé aux poissons, il pourra toujours se reconvertir .. a besoin de petites mains pour les travaux ingrats !) Je pense que dans 15 jours, je ne pourrai plus voir de poissons … Olivier à rebaptisé le bateau en LADY CORYPHENE ! (je préfère tout de même, LADY A)

Lundi 5 décembre 2011 (160 MN)

STOP ! Cela suffit ! Laissons vivre les coryphènes.

Olivier s'amuse comme un fou...! Deux cannes à l'eau et il passe de l'une à l'autre. Soit il remonte une coryphène (Maï Maï) ce qui fait que le frigo déborde de boites tupperware remplies de filets de poisson ! Soit la prise lâche (merci le dieu poisson..). Nous n'avons pas encore goûté au délicieux jambon cru apporté de France. Mon stock d'avitaillement n'a pas bougé depuis le départ, à part le riz !
13h, comme d'habitude, il suffit que l'on commence à déjeuner, du poisson of course ! Pour que les deux cannes se mettent à couiner ! Et rebelote... ralentir le bateau, prendre 20° à tribord, rouler le génois tangonné... on n'arrête pas. STOP, STOP, je fais la grève du poisson à partir d'aujourd'hui ! Une petite coryphène s'est prise dans la petite canne, et un beau thazard (famille des maquereaux), dans l'autre canne, va peut-être changer nos menus ! Le thazard

Nous avons encore fait 160 MN et n'arrivons toujours pas à battre le record de Yeratel. Le vent se maintient depuis cette nuit et nous filons entre 7 et 8 nœuds avec une grosse houle d'Est qui nous pousse en nous faisant surfer sur les vagues. Le ciel est bleu avec de beaux cumulus, la mer a pris une teinte anthracite (gris/bleu), il fait chaud. Il paraît que c'est le temps typique des Antilles. Il est vrai que nous nous en rapprochons, mais …. c'est encore loin. Un semblant de « rébellion » parmi l'équipage de base se manifeste... car les quarts de nuit, à part admirer les étoiles (ce soir nous allons essayer de les repérer à l'aide du logiciel), ou rêvasser … il ne se passe rien ! Pas de bateaux, de cargos, de pêcheurs, de filets dérivants … on pourrait tout aussi bien mettre le radar et son alarme et aller se coucher …! on va en causer deux mots au « captain »... Enfin, nous allons passer un après-midi tranquille.. à bouquiner... sudokuter... Olivier consent, à regret, à remonter ses cannes ! (trop de poisson en stock...). Ce soir, poisson cru (sashimi) sauce wasabi, riz !

Mardi 6 décembre 2011 (173 MN)

« les jours et les nuits se suivent... mais ne se ressemblent pas ! »

2h30 – Olivier en prenant son quart aperçoit au loin une lumière. Qu'est ? : une étoile qui se casse la figure dans l'eau, une planète un peu basse sur l'horizon, ou alors les feux de navigation d'un bateau ? Dernière hypothèse vérifiée, mais ledit bateau fait une route un peu bizarre... perpendiculaire à la nôtre du sud vers le nord. Le radar est enclenché pour suivre ses évolutions et parer à toutes éventualités au cas où il s'agirait d'un bateau pirate !
6h30- je relève Olivier qui m'explique la situation. Le voilier est toujours là, faisant des zig et des zag devant nous, à environ 5/6 milles, avec son seul génois pour toute voilure. A surveiller...
9h- le soleil est là, le bateau fantôme ou pirate aussi ! Nous décidons de brancher la VHF, canal 16, pour les contacter. Première tentative en français, réponse du quidam en anglais, qui nous explique avoir eu des problèmes durant la nuit avec son geennaker (voile légère). Problème en passe de se résoudre et ils vont reprendre leur route vers St Lucie (sud). Nous nous souhaitons mutuellement bonne route. Fin du suspens !

couture de voileL'inspection du matin du gréement, fait apparaître que la grand voile est déchirée en raison de son frottement sur les barres de flèche. M.... (dixit le captain) « il faut réparer avant que cela ne s'aggrave ». Branle bas de combat (façon de parler, suite à ce qui précède...) on se cale génois, on affale la grand voile. Voilà mes deux « hommes » sur le pont, attachés avec les harnais, en train de coller une grosse rustine. Le tout prend deux bonnes heures, faisant chuter notre moyenne du jour ainsi que les milles parcourus..(jamais nous n'arriverons à battre Yeratel, dans ces conditions..!)

Le renvoi de la G.V est une autre expérience... car il faut se mettre face au vent, c'est-à-dire faire un 180° avec la houle de face et 20 nœuds de vent dans le pif ! Moteur embrayé, je me concentre sur la manœuvre, car c'est moi qui suis à la barre, Marc est au pied du mat et Olivier au winch pour exécuter très vite l'envoi. OUF ! On reprend la route, juste à temps pour le déjeuner : couscous au poisson (devinez...le poisson) que j'avais préparé (pas celui en boite...) mais avec graine, légumes, et oignons aux raisins. Tout ceci nous a fait oublié d'envoyer à 12h TU notre position à Laurent. A 14h le téléphone iridium sonne... Laurent : « et alors votre position ! Je commençais à m'inquiéter » Merci Lolo de nous suivre et nous rappeler les bonnes règles que nous avions établies avant le départ !

16h- le vent a tourné E-S.E. Il nous faut empanner si nous voulons poursuivre sur notre route et re branle-bas de combat !
17h30 – pas de poissons pour le moment. Les cannes sont silencieuses... nous venons juste de voir une bande de dauphins venu faire la fête autour de LADY. Voilà en mer ce que l'on appelle une journée bien remplie. Bon, qu'allons nous diner ce soir ?

Mercredi 7 décembre 2011 (163 MN)

« notre ligne imaginaire.. le 7ème jour » !

Notre équateur à nous... va se situer par : 16°28' N et 43°16' W à 21 heures TU ou 19 heures locales nous avons fait la moitié du parcours, soit 1050 MN environ ! En 6 jours et 9 heures soit à la vitesse moyenne de 6,85 nœuds, et moyenne par jour de 161 MN, meilleure journée à 173 MN.
Ce soir c'est la fête ! On s'habille, on se déguise, comme l'on veut ! A ce propos, il serait temps de prendre une bonne douche... et de se parfumer un peu... jusqu'à présent nous avons été économe en eau. A peine 200 litres en 7 jours soit moins de 30 litres à 3 personnes par jour. Il est vrai que la vaisselle est faite à l'eau de mer et rincée à l'eau douce avec le maximum d'économie.

Dîner de gala : apéritif avec cake aux olives et crémant d'Alsace... Jean-Marc si tu lis cet article, nous allons bientôt être à fond de cale (expression signifiant : il ne reste plus de bouteilles). Nous aimerions bien nous réapprovisionner lorsque nous rentrerons en juin 2012 ! Ensuite : blanquette de coryphène et oui Olivier a remis ses lignes à l'eau et hop dans le filet; Une belle coryphène de plus. Dessert : tarte aux pommes flambées of course au rhum de Lady A ! Digestif: avant les quarts, vieux rhum Clément ! Le tout bien sûr au son de la musique créole avec la guitare de notre « captain » bien aimé !

Fête mi-parcoursSi cela vous dit, vous inspire... prenez donc un vélo, la voiture, un kit surf, ou l'avion et venez nous rejoindre en janvier aux Antilles, Guadeloupe ou Martinique, sur notre bateau-hôtes (prix raisonnables...) voir notre site internet www.voilierlady-a.com !

21h30 – je viens juste de prendre mon quart … presque 2 heures de retard... que va dire « l'amiral » ? Il est vrai que le dîner a été plus animé que de coutume, c'est pas tous les soirs que l'on est à mi-parcours d'une traversée de l'Atlantique et que l'on vient de parcourir plus de 1000 MN ! Le « captain chanteur » avec son chapeau bananes nous a fait un petit bœuf à sa façon qui nous a fait beaucoup rire... (on n'entend pas sa voix sur le film..) On a bu et chanté aux absents surtout à Myriam qui aurait bien aimée être là ! La nuit est belle, avec mon amie Dame Lune qui nous trace la route c'est superbe. Fête des fadas !

-Que dire ce cette première partie de parcours ?
C'est une « belle promenade »... avec une météo superbe. Cette première semaine c'est passée très vite. Les journées sont bien remplies. Je me sens beaucoup mieux, moins d'appréhension, grande confiance dans le bateau mais surtout dans « mes marins ». Nous sommes en famille et il y a une superbe ambiance.

Jeudi 8 décembre 2011 (149 MN)

« Lendemain de fête et 8ème jour... »

C'est un comble de se trouver au milieu de l'océan Atlantique et d'être obligés de mettre …... LE MOTEUR !
Car plus de vent, calme blanc, mer plate..! Notre moyenne journalière s'en ressent : 149 petits milles ! Si nous voulons arriver pour le 14 décembre, il faut que nous continuions à faire nos 160 MN par jour. La météo annonce 48 h de calme et ensuite de la brise. Il nous faut continuer à avancer sinon nous sommes roulés d'un bord à l'autre. Ciel couvert, et chaleur humide, l'eau est à 28°.

Soudain... un choc sous la coque ! What is ? Olivier pense tout de suite que nous venons de heurter un container ! Heureusement qu'il n'en est rien ! Malheureusement... il s'agit d'un petit cétacé dont nous apercevons le ventre blanc... je pense que le choc a été sans dommage, car nous n'étions qu'à trois nœuds.

Moteur à 2000 tours nous n'avançons qu'à 5 nœuds. Cela fait déjà 6 heures que nous avons l'odeur du G.O dans les narines et les oreilles emplies du bruit des 75 ch du moteur. Cela risque de durer toute la nuit. Heureusement que nous avons un stock de boules Quiès. Le « captain » commence à faire des calculs de consommation de G.O en vue de déterminer l'autonomie que nous pourrons avoir. Compte tenu que le groupe fonctionne 3 heures jour, depuis notre départ, pour recharger les batteries et qu'il consomme 2 litres à l'heure, si les calculs du « captain » sont exacts nous avons 80 heures (réservoir + jerrycans) d'autonomie, soit 500 MN. A l'heure où j'écris ces lignes... il reste 900 MN à parcourir ! Il nous faut DU VENT ! Sinon nous allons attendre qu'un cargo nous ravitaille. A suivre...

22h30 – La brise est revenue de S.E (nous devrions avoir du N.E..) autour de 15 nœuds. La décision s'impose, on enlève le tangon et on navigue bâbord amure avec arrêt du moteur. Olivier crapahute sur le pont pour ranger le tangon, régler les voiles. La mer est pratiquement d'huile, le ciel est couvert.
23h30 – Marc prend son quart, je vais me coucher.

Vendredi 9 décembre 2011 (136 MN)

« O douce nuit, calme nuit....! »

7h – Depuis notre départ, je pourrais presque dire depuis juillet, il y a 5 mois, c'est la première nuit en mer où je dors vraiment bien ! Le bateau avec 15 nœuds de vent a filé entre 5/6 nœuds, glissant sur la mer sans heurt, pas de vagues, ni bruit, pas de moteur, doucement poussé par la houle (négligeable) d'Est. Le ciel est couvert, il fait chaud, humide, pas de soleil.
A 12h TU nous n'avons fait que 136 MN (cela aurait pu être pire), le moteur pendant 6 heures nous ayant malgré tout bien aidé. Pas de poisson pêché hier, donc à midi ce sera : poulet à la crème de citron et patates, (les dernières).

Samedi 10 décembre 2011 (130 MN)

« les nuits se suivent.. mais ne se ressemblent pas » Madré Mia !

Tout à commencé en début d'après-midi de hier. Le vent est passé au S.E, trop faible pour garder les voiles et continuer à avancer en gardant notre cap. Donc..... MOTEUR (2000 tours). Puis soudain nous nous sommes trouvés sous un gros « grain » tropical. Une houle croisée de nord et de sud nous fait taper. Le ciel est noir sur plusieurs milles. (effrayant à voir sur le radar..) Le vent à nouveau a tourné, il est S.W...nous n'avançons presque plus...car nous l'avons « bon plein » et avec la houle de face, nous n'avançons qu'à trois nœuds. Impossible de dormir avec un tel vacarme (pour ceux qui ne sont pas de quart) coller sur la cloison à la gîte. Cela va durer une bonne partie de la nuit... Puis à trois heures du matin après concertation de nos deux « captains »on change de cap et on abat de 30° ! Tout de suite l'allure devient plus confortable et l'on peut arrêter le moteur et renvoyer le génois !

Depuis trois jours nous avançons difficilement et notre moyenne journalière ne nous permettra pas d'arriver le 14. Coté positif nous sommes au 2/3 de notre parcours. Il nous reste environ 700 MN... ! Ola éole vient nous aider ! La météo transmise n'est pas bonne... avec probabilité de « gros grains », vent fort et mer agitée. Laurent nous indiquer de piquer sud vers la Martinique... plus calme pour l'instant... nouveau cap au 260°. Nous passons une bonne partie de l'après-midi à mettre le moteur, l'arrêter, envoyer le génois, le rouler …. etc...!

Deuxième élément positif de la journée, nous faisons une superbe pêche ! Les deux cannes se déroulant en même temps : une belle bonite et une superbe coryphène de 8/10 kg, la plus belle que nous ayons pêché jusqu'à présent ! Ce soir sashimi du « captain Marc » ! Tout commence à être pénible par rapport à la première semaine (dormir, faire à manger, la vaisselle, et se laver n'en parlons pas.. quant au meilleur,.. aller aux toilettes... avec une bonne gîte et une mer houleuse... succès garantie !)

Pour se remettre on va boire, ce soir, un bon « planteur » à votre santé vous les terriens, confortablement installés devant votre télé !
1
7 h grosse averse … et 19 h ça se déchaine ! L'averse s'est transformée en un véritable orage .. la mer s'est levée … de grosses vagues frappent la coque. Le vent a forcit nous filons 9 nœuds avec un surf à 10/11 nœuds ! Vite, vite il faut réduire... Les deux « captains » s'activent sur le pont pour prendre deux ris dans la grand voile et réduire au minimum le génois. La vitesse tombe autour de 6/7 nœuds, ouf... cela devient plus facile, malgré la houle qui nous fait rouler. Enfermés dans le carré, nous attendons que cela passe. Quelle merveilleuse invention que la télécommande ! Et oui c'est comme pour la télé … on a plus besoin de se lever pour changer de chaine. Télécommande en main depuis l'intérieur du bateau (le captain n'aime pas se faire mouiller..) il manœuvre le pilote automatique qui barre sans relâche depuis notre départ. Je fais la fière, en écrivant ces lignes...mais je suis un peu « stressée » malgré le lexo que j'ai pris avant que tout cela ne se déchaine ! Je m'oblige à faire quelque chose, pour ignorer la situation. Heureusement que j'ai deux bons marins qui prennent cela en charge !

Dimanche 11 décembre 2011 (146 MN)

7h – quelle nuit ! Ne revenons pas dessus vous pourriez faire des cauchemars !
Bon, il semble que les orages se soient dissipés. Le ciel commence à prendre ses teintes de bleu azur, avec quelques gros cumulus. Le soleil est là, et la lune qui est à son apogée, depuis hier, va aller se coucher à l'ouest. SPLENDIDE … de voir à l'est se lever le soleil et à l'ouest la lune qui s'éteint progressivement.
Deuxième dimanche, (on espère le dernier avant l'arrivée..) Que puis-je vous proposer ? :

-un dimanche à la campagne ? Assez difficile, nous sommes encore loin de toute terre... même pas un petit caillou... (il nous reste encore... 550 MN) Je me demande d'ailleurs, au bout de 15 jours en mer, comment notre équilibre va se comporter en retrouvant la terre ferme ?
Je vous propose, en toute simplicité et humilité, pour compléter ce qui a déjà été dit sur Longitude et Latitude les informations suivantes concernant les changements d'horaires depuis notre départ de Mindelo où nous étions à TU-1h et à l'arrivée en Guadeloupe nous devrions être à TU-4h.

Petit rappel (astronomique et horaire)

La circonférence de la terre (à l'équateur) est divisée en 24 fuseaux horaires à partir du méridien zéro Greenwich. (Adoption en 1884, d'une mesure de temps universelle commune (TU) Greenwich). Ce qui fait que le soleil fait sa révolution autour de la terre en 24 h. 12 h de jour et 12 h de nuit, mesure à l'équateur. Étant donné que la terre est également divisée en 360°, cela implique que tous les 15° on change de fuseau horaire.
Cas du LADY A: s'agissant d'un lent voyage vers l'ouest, nous ajustons nos montres pour passer de l'heure de Mindelo (TU-1h) à l'heure de Pointe à Pitre (TU-4h). Longitude de Mindelo : 25° Ouest. Longitude de Pointe à Pitre : 62° Ouest. Théoriquement, le Cap vert et Mindelo sont situés entre 22 et 25° de longitude Ouest. Le Cap Vert devrait donc, plus logiquement, être à TU-2h … mais pour des raisons politico-économiques certainement, l'état a choisi d'être à TU-1h. Étonnant non ?... Il en est de même pour la France qui devrait être à l'heure de Greenwich TU. Mais nous sommes à TU+1h. Stupéfiant non ?! On comprend mieux les difficultés qu'ont les états à s'entendre entre eux, même lorsque des décisions ont été prises d'un commun accord....! (Je vous invite à aller voir un tableau des fuseaux horaires pour les anomalies que cela engendre ) Très intéressant !
Tout cela pour dire, qu'aujourd'hui 11 décembre, nous sommes à TU-3h et nous remettrons à nouveau nos montres à l'heure à TU-4h en arrivant en Guadeloupe. Dans quelques jours, lorsque nous nous lèverons à 7h locale pour petit déjeuner... vous vous mettrez à table pour déjeuner... ! Bon appétit !

15h – Rebelote... les grains se succèdent … heureusement sans lever la mer et sans vent... re-moteur... Sommes tous les trois à l'intérieur, dans le carré, il fait une chaleur étouffante … vivement que cela s'arrête !

Lundi 12 décembre 2011 (150 MN)

15h – Suis installée dans le cockpit avec une vue à 360° sur l'océan. De l'eau, de l'eau à perte de vue ! Rien à l'horizon... nous sommes seuls au milieu de l'Atlantique. Quelles sensations... immensité, beauté de la nature, le ciel et l'eau se confondent à l'infini... calme, quiétude, sérénité...
Le temps s'est remis au beau. La nuit a été belle, le bateau a bien marché entre 8/9 nœuds dans la première partie de la nuit. On commence à ressentir la fatigue de ces 12 jours. Manque de sommeil, difficulté à se mouvoir.. mais on tient bon et la perspective d'arriver dans 48/72 h nous fait tenir (reste 400 MN). Nous décidons de fêter tous les 100 nautiques parcourus par un super apéro, dîner ou dessert.. que dire lorsque nous « jetterons » l'ancre à l'arrivée. La météo transmise par Laurent annonce encore des grains violents. Il nous faut rester sud. On espère y échapper aujourd'hui.

16h – Le vent est tombé. Le moteur démarre... Il nous reste 60h d'autonomie de G.O... et après il faudra peut être ramer, ou pousser le bateau ...si pas de vent !
La plus grosse !16h30 – les deux cannes se mettent à couiner.. la pêche reprend ! On recommence... on ralenti le bateau pour fatiguer le poisson... Marc perd son poisson, mais Olivier remonte une superbe coryphène de 1m06, poids approximatif de 10 kg ou plus ! La coryphène c'est bon... mais tous les jours, matin, midi et soir, c'est beaucoup !

Mardi 13 décembre 2011 (132 MN)

« histoire de vanne à O »...

7h – (la nuit porte conseil..) Marc sort du carré en s'exclamant : « j'ai trouvé.. d'où vient notre erreur de comptage d'O ! » (il nous manque environ 150 litres par rapport au compteur et à ce qui reste dans les réservoirs)
Nous avons 700 litres d'eau dans les réservoirs, et malgré ce stock nous faisons des économies. On se lave avec parcimonie... et surtout on fait la vaisselle à l'eau de mer..(puisque l'on a un stock immense sous nos pieds...) et on rince avec 1 à 2 litres d'eau douce. Bref, l'eau de mer est amenée au robinet à l'aide d'une pompe à pied.. . En général, nous n'utilisons cette eau salée que pour les grandes navigations. Cette pompe est aussi utile, dans le cas où le groupe d'eau tomberait en panne, pour amener l'eau des réservoirs aux robinets. Il y a donc une vanne qui permet de permuter la fonction eau douce/eau salée. Mais c'est là où réside l'erreur... La vanne était monté à l'envers !
Depuis notre départ, 12 jours, nous faisions, allègrement, la vaisselle à l'eau douce... vaisselle que nous rincions ensuite à l'eau... douce ! (bonjour les économies d'O !)
Comme la météo l'annonçait nous sommes toujours dans une zone de calme à environ 260 milles de la Guadeloupe. Le moteur à repris son ronron familier...En fin de journée le ciel s'éclaircit à l'ouest, et pour la première fois nous voyons un splendide coucher de soleil.
A déjeuner j'ai fait des « brik de coryphène » sorte de petits pâtés avec des feuilles de filo. Pour varier ce soir ce sera des « pâtes aux fruits de mer » !

Mercredi 14 décembre 2011 (138 MN)

Ciel du matin6h30
– Fin du quart de Olivier, je prends la suite. La nuit cède sa place à la clarté du jour qui commence. L'Est est rose et gris. Les cumulo nimbus forment un décor de montagnes dentelées que le soleil commence à illuminer. La mer est calme, on se croirait sur une traversée Corse Continent.. par un jour de pétole. Des dauphins surgissent autour du bateau, me font un festival de bonds et s'en vont. Après réflexion, c'est le quart que je préfère (le matin de bonne heure). Tout est calme et beau sur cette immense étendue d'eau couleur d'acier. La fin de la nuit et le début d'une nouvelle journée est toujours un enchantement. Certains, (ceux qui n'ont jamais navigué) pensent que le spectacle de la mer est monotone, et bien pas du tout ! Rien ne reste figé sur l'eau, tout est toujours en mouvement et la lumière est différente à chaque instant. « No stress » est l'expression favorite des iliens du Cap Vert, et ils ont bien raison !
C'est notre dernière journée et nuit. Selon nos estimations demain en fin de nuit nous devrions faire notre entrée dans la marina du Bas Fort à Pointe à Pitre.
A 12 h TU, il nous reste 130 MN à faire !
La journée s'annonce belle et chaude. Il nous faut malgré tout veiller, car la météo annonce des grains violents et une possibilité de vent fort plus au nord. Pour l'instant nous sommes au moteur... Nous faisons le transfert des 80 litres de G.O des bidons dans le réservoir, en espérant que les calculs de consommation de notre captain sont exacts... sinon....
A 12h nous avons à nouveau changé d'heure, et sommes maintenant à TU-4h, c'est-à-dire 12h locales pour nous font 17 h pour vous.
La journée se passe à lire, faire la sieste, et penser à notre arrivée demain matin. Le vent n'est pas au rendez-vous et nous continuons au moteur.... La nuit s'enchaine mais personne n'a vraiment envie de dormir...Nous passons une grande partie de la nuit à trois dans le cockpit.... Les milles défilent, le moteur tourne toujours.


Jeudi 15 décembre 2011 (130 MN)

4h du matin, nous apercevons les lumières de Grande terre et Basse Terre , nous laissons sur notre bâbord Marie Galante et les Saintes. Sur tribord, La Desirade. Enfin nous sommes en vue de la terre !
6h nous contactons la marina par VHF pour l'attribution d'une place (bien méritée) après 14 jours de mer non stop !
6h45 – nous prenons la place n° 42 sur la grande panne de la marina. Bonjour la Guadeloupe !

l'arrivéeNous venons de faire 2103 MN en 14 jours. À 6,25 nœuds de moyenne. Sommes fatigués, un peu groggy... les premiers pas sur le ponton sont difficiles... cela tangue... mais très heureux de l'avoir fait. Allez un petit café avec croissants et dodo !

Un grand merci à mes « hommes » Mon captain Marcus bien aimé, nos deux garçons : Olivier second capitaine et Laurent notre routeur !

Ce soir nous serons à l'aéroport pour accueillir Myriam et Mahé !

 







 

 

 

 

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27 novembre 2011

SAO VICENTE !

Mardi 15 novembre, mercredi 16, jeudi 17, vendredi 18, samedi 19:

Sao vicente 6Bom Dia SAO VICENTE et sa capitale MINDELO, la deuxième mégapole du Cap Vert par le nombre d'habitants. Longue d'environ 25 km pour 17 de large, elle compte 70.000 habitants dont 50.000 vivent à Mindelo. Sao Vicente est une des îles les plus arides du Cap Vert, elle possède quelques volcans éteints, mais dans l'ensemble elle est assez plate. Le climat sec pose l'éternel problème de l'approvisionnement en eau pour ces îles. Celui-ci est partiellement résolu par une usine de dessalement de l'eau de mer. Elle s'est développée grâce à son port « Porto Grande » (baie de Mindelo) qui est le seul à permettre à de gros bateau d'accoster. Qui dit port dit marin et donc ... femmes pour marins, encore une « activité » très lucrative, il y a des années pour certains, avec l'ouverture des « maisons dites closes ». Il est aujourd'hui difficile pour un homme de sortir le soir, sans se faire aborder par des « jeunes femmes » à la recherche d'un peu d'argent, gagné grâce à leurs charmes. Cela a créé un fantastique métissage de la population que l'on peut encore observer aujourd'hui. On vient parait-il à Sao vicente pour faire la fête et s'amuser. Il est vrai que la ville regorge de bars, restaurants, dancings très actifs en fin de semaine. Artistes, peintres, chanteurs, danseurs, poètes abondent ce qui donne à l'île cette saveur et cette chaleur si particulière. Populations aisées et pauvres se côtoient. Mais la vie est chère car tout doit être importé.
La marina se trouve en pleine ville. C'est la seule de tout l'archipel. Elle a été conçue grâce à l'initiative d'un Allemand Kai Brossman, qui débarque sur Sao Vicente dans les années 90 et qui comprend tout de suite le potentiel de développement des activités liées à cette création. Elle est inaugurée en 2007. Elle devient le point de rassemblement de tous les bateaux en partance pour les Antilles ou le Brésil, car c'est la plus courte distance pour ces deux destinations. Environ 2000 nm pour les Antilles contre 2600 nm à partir des Canaries. Nous retrouvons les bateaux rencontrés lors de nos précédentes escales. Entre autre, EGOISTE et Pierre, son skipper, qui navigue avec deux autres Bavarias. Ainsi que « SATCHMO » et son musicien trompettiste, Damien !
Nous sommes contents d'être à quai après trois semaines de mouillage ou navigation ! La vie terrestre reprend son cours.... courses, lavage, nettoyage, internet.... apéros of course ! La soupe de poissons cap verdienne fut un régal.... conclu par un flan coco (amélioré à partir d'une recette d'un autre bateau), Lady A a gagné sa deuxième étoile au guide Michelin des bateaux !
Sao vicente 4La ville de Mindelo est en pleine rénovation de ses superbes maisons coloniales qui donnent un style très britanniques à la ville, mais aux couleurs de notre sud (rose, bleu franc, jaune, vert...) C'est également la ville de Cesaria Evora « la diva aux pieds nus » avec sa voix qui sait si bien interpréter les « mornas et coladeras » SODADE. Le grand marché aux légumes est un régal pour les yeux et les narines... Je ne peux malheureusement pas en dire autant du marché aux poissons.... (nous venons trop d'une culture aseptisée pour apprécier..!) Mais il faut reconnaître que les poissons de ces îles sont magnifiques et succulents si l'on fait abstraction de leur conservation et vente sur l'étal ! Les rues regorgent de petit vendeurs, essentiellement des femmes, qui proposent quelques légumes et fruits. Le choix est immense, mais aucun prix n'étant affiché et au vu de nos bonnes « bouilles » européennes les prix s'envolent dés que l'on veut acheter quelque chose ! Les prix sont du niveau de notre vieille France : environ 4 euros pour un kilo de tomates locales. Samedi soir, soirée cap verdienne avec un groupe local, ambiance sodade, et africaine avec les percussions.Sao Vicente 2Sao vicente 7

Dimanche 20 novembre: Le dimanche est un jour mort pour l'île. Tout est fermé, même les restaurants. Mise à par « Loutcha » ! qui propose de se rendre en « aluguer » dans son restaurant au bord de l'eau au sud est de l'île, pour un buffet pantagruélique avec musique cap verdienne. Nous sommes un groupe de 8 pour cette sortie originale et nous allons passer un excellent après-midi, à nous goinfrer et à danser ! Sao vicente 9

Lundi 21 et Mardi 22 novembre: Santa Antao 1
Direction Santo Antao l'île en face de Mindelo, distante de 12 nautiques que nous ferons en ferry. Santo Antao est le jardin potager de Sao Vicente ! C'est une île très montagneuse avec des pics à près de 2000 mètres, et des vallées profondes le plus souvent verdoyantes. Le reboisement y a été important, facilité par un climat favorable et des pluies régulières. C'est une île de contraste, mélange de végétation et de terres arides. Le nord est la zone verte avec de nombreuses cultures, maïs, fruits, légumes, alors que le sud est sec et aride. Nous débarquons à Porto Novo, dans le sud est, pour nous rendre à Ponta do Sol dans le nord Nous voulons emprunter la Estrada corda qui est la l'ancienne route pavée, construite à la main, pierre par pierre à travers la montagne. On la surnomme la « route de la corde » car elle traverse l'île, telle une corde passant dans la montagne à plus de 1000 mètre d'altitude. Il nous faut tout d'abord discuter avec notre chauffeur d'aluguer Nelson, le prix de la course car ce n'est pas la route la plus courte.... Il nous faudra plus de 2 heures pour faire les 38 km mais quel enchantement ! Santo Antao 8
Nous allons traverser des forêts de sapins et oui... de cèdres, des mimosas (dommage ils n'étaient pas en fleurs). Les lantanas sont de véritables arbres qui bordent la route. La route chevauche les cimes des montagnes, serpente au dessus des précipices avec des gouffres de plus de 1000 m de chaque coté, c'est une véritable merveille de couleur verte !
Nous avons réservé dans une « maison d'hôtes » chez « Fatima » … que dire... simple, propre pour moins de 20 euros la nuit, on ne pas prétendre à mieux, mais il nous faut brancher nous même l'électricité pour avoir de l'eau chaude, enfin un peu moins froide... puis remplir la chasse des WC avec une bouteille pour que cela fonctionne ! (on a tout de même bien rigolé...) . Nous resterons deux jours à nous balader, visiter (un bien grand mot) car il n'y a pas grand chose, si ce n'est la nature et observer comment les gens vivent. Bien pauvrement tout de même... Santo Antao 11

Mercredi 23, jeudi, vendredi, samedi, et dimanche 27 Novembre: La marina s'est remplie, les pontons se sont animés de tous les bateaux qui arrivent pour faire leurs derniers approvisionnements et escales avant le grand saut. On parle anglais, Allemand, Suédois, Norvégiens... et naturellement français ! (les plus nombreux). Nous retrouvons des bateaux rencontrés au cours de nos escales ou mouillages (je vous l'avais bien dit... nous « fonçons » tous dans la même direction..) Tout ce petit monde se côtoie, s'interpelle, s'entraide, s'invite...s'apérote !
Nous sommes pratiquement prêts, les moteurs révisés (changement des filtres, vidange..) le gréement est en cours de vérification, le canot est sanglé sur le pont, les pleins d'eau sont presque faits. Les cales sont pleines... ma liste des repas pour les quinze jours à venir est faite ainsi que les approvisionnements, enfin nous attendons quelques provisions que doit amener Olivier, car ici... pas de Jambon, de saucisson, ni de fromage (même râpé pour les pâtes.. un sacrilège...)
Devant notre incompétence.... à la pêche...et après mûre réflexion... en pensant que nous n'étions pas en cause, mais qu'il s'agissait d'un mauvais matériel.... Olivier nous ramene un super moulinet (pour le gros, of course..) ainsi que du fil résistant à une prise d'au moins 150 kg ! On vous tiendra au courant.
Pauvre Olivier.... j'espère que son excédent de bagage ( la planche de kite, ses voiles, le spi, car il veut nous faire arriver le plus vite possible... mama mia..., les écoutes, les poulies ...le jambon cru de 3 kg, la tome de 2 kg, plus le chocolat noir à 70%, que l'on ne trouve pas ici, et diverses autres babioles...) ne va pas lui coûter plus cher que son billet d'avion ..! Nous verrons tout cela mardi en allant le chercher !

Avant de conclure, sur cette première partie de notre voyage, un petit mot pour Laurent, notre fils ainé, qui à partir de la semaine prochaine aura la charge de nous faire avancer, étant promus au grade de « routeur météorologiste » ! Nous lui donnerons notre position et le nombre de mille parcourus, en retour il nous transmettra les prévisions météo et la route à suivre. S'il te plait « Lolo » pas trop de vagues et une bonne brise seulement ! On t'embrasse et à bientôt !

Cet article ce termine ce jour, dimanche 27 novembre. Le grand saut... est prévu pour le jeudi 1er décembre. Nous nous retrouverons, enfin on l'espère bien... (je rigole...) entre le 15 et le 17 décembre à Pointe à Pitre en Guadeloupe ! A toi Laurent ! Ti dispos (au revoir en Cap Verdien)

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18 novembre 2011

BOM DIA CABO VERDE !

UArchipel Cap Vertn peu de géographie et d'histoire...  

L'archipel du Cap vert est situé à un peu plus de 800 NM au sud ouest des Canaries et à quelques 325 NM de l'Afrique de l'ouest. Dix grandes iles et quatre plus petites forment un fer à cheval ouvert à l'ouest. Elles se situent entre 13°50' et 17°15' de latitude nord (nous sommes pratiquement sur la latitude de St Barthélémy, notre prochain point d'arrivée pour les fêtes de Noël..!)

L'archipel est divisé en deux ensembles géographiques suivant leur exposition aux alizés du nord – est. Les iles Barlavento (îles au vent) au nord, plus exposées au vent et donc plus fraîches regroupent : SAL, BOA VISTA, SAO NICOLAU (c'est sur cette île que cet article est rédigé..), SANTA LUCIA, SAO VICENTE et SANTO ANTAO. Les iles Sotovento, (îles sous le vent) sont composées de MAIO, SANTIAGO (la plus grande île avec sa capitale Porto de Praia), FOGO, et BRAVA. Moins exposées au vent, elles sont plus chaudes et plus arides. D'origine volcanique, plusieurs théories tentent d'expliquer l'apparition des îles du Cap Vert. En voici la principale: entre 130 et 85 millions d'année, avant J. Christ le processus de séparation de l'Amérique du sud et de l'Afrique a provoqué des plissements, qui ont laissé échapper des coulées de magma, lesquelles ont donné naissance aux volcans.. Le Cap Vert fait partie de cet ensemble d'archipels de l'Atlantique qui forment « la Macaronésie » avec les îles Canaries, les Açores et Madère.

Climat : Le Cap Vert est situé dans une zone où les vents alizés humides du nord-est et la mousson porteuse d'air chaud et humide se croisent. Ce front intertropical selon son déplacement contribue à une pluviométrie faible et irrégulière, selon les la position des îles. La plus grande partie du territoire est aride et sèche. La température varie entre 20° et 31° C avec une saison chaude de février à octobre. La température moyenne de la mer se situe entre 23° et 26° C

Faune marine : Elle est particulièrement riche et variée. Thons, poissons-perroquets, carpes rouges, mérous, daurades, murènes, carangues, bonites, marlins, espadons, dauphins, cachalots, orques, baleines et diverses variétés de requins sont autant d'espèces qui peuplent ces eaux. En ce qui concerne les crustacés tels que les langoustes, la demande étant aujourd'hui supérieure à l'offre, il est difficile d'en trouver auprès des pêcheurs locaux. D'autant que l'espèce pour ne pas disparaître est aujourd'hui protégée, et la pêche en est interdite du 1er juillet au 30 septembre. C'est l'une des raisons pour laquelle nous n'avons pas pu fêter l'anniversaire de Jean-Luc avec une bonne langouste !

Flore : L'histoire veut que le Cap Vert tienne son nom de l'époque où végétation luxuriante et rivières abondaient sur certaines îles comme Santiago. Les terres n'étaient pas aussi sèches et arides et les traces laissées par les anciennes cascades sur les rochers de Santo Antao le prouvent. Il y avait beaucoup d'arbres fruitiers (citronniers, orangers, figuiers) et des plantations diverses et variées (riz, coton) importées par les Portugais. Mais, comme toujours... , le Cap vert est frappé par une catastrophe écologique causée par l'homme, alliée à une érosion naturelle. Les troupes d'animaux, principalement les chèvres, le déboisement intensif domestique, les distilleries et l'extension des cultures ont été responsables du désastre constaté aujourd'hui. Néanmoins, l'état soutenu par des coopérations étrangères a entrepris un travail de fond pour lutter contre la désertification et reboiser le pays.

La découverte du Cap Vert : Il est difficile de dire quels sont les premiers arrivants. Les Portugais revendiquent cette découverte en 1460 et prétendent que les îles étaient inhabitées. Toutefois, les historiens s'accordent à dire qu'au XII ème siècle, bien avant l'arrivée des Portugais, des navigateurs arabes ou grecs connaissaient ces îles repérées par les géographes arabes. Mais d'autres sont certains que des Africains des côtes situées en face de l'archipel ont occupé les terres pendant quelques temps.. Toutefois, C'est la version Portugaise qui a été retenue. En 1462 commence la colonisation par les Portugais des îles de Santiago, et Fogo suivi par les îles de Maio, Boa Vista puis Brava. Ensuite ce sont les iles du nord. Le Cap Vert placé au carrefour des Amériques, de l'Afrique et de l'Europe se révèle une position stratégique pour le commerce. Il devient une escale de ravitaillement en eau, en vivres, et surtout en esclaves qui vont aller travailler dans les plantations. Capturés en Afrique ils sont « entreposés » dans l'archipel avant d'être dirigés vers le Brésil ou d'autres destinations. Grâce à ce commerce... la production du coton et de la canne à sucre se développe dans les îles du sud (Santiago et Fogo) et va s'étendre dans les îles Barlavento. Le déclin s'annonce au XVII ème siècle avec la perte du commerce des esclaves... et bien d'autres faits qui sont liés à la cupidité de certains, au désir de toujours plus, au détriments de la communauté. Mais de ce point de vue, nous n'avons rien à envier à nos ancêtres ! (si cela vous intéresse, je vous recommande le livre de Jared Diamond « Effondrement ». Stupéfiante la bêtise humaine !). A cela s'ajoute les famines dues à la sécheresse, aux coupes incontrôlées du bois et à l'érosion. On compte douze périodes de sécheresse au XIXème siècle et celle de 1830 dure trois ans et voit mourir 30 000 personnes. Lentement le cap vert s'enfonce dans l'oubli de ceux qui l'ont colonisé, en raison de la sécheresse des sols, de l'érosion, du manque de modernisation des techniques et de son outil agricole, des mouvements de protestation de la population... Après la seconde guerre mondiale, l'état Portugais sous la pression internationale se décide à effectuer quelques rénovations... et crée des infrastructures... En 1951 le Cap Vert devient un territoire d'outre mer. Mais c'est en même temps l'apparition des premiers mouvements indépendantistes en Afrique et cela donne des idées à certains Cap-verdiens. En 1956 Amilcar Cabral et ses compagnons créent le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap vert. Leur objectif est de libérer de la tutelle du Portugal ces deux pays unies par une même histoire et un même peuple. La plupart des esclaves ayant peuplés l'archipel viennent de Guinée-Bissau. Je passe sous silence ce que fut la lutte et la guerre qui s'ensuivit jusqu'en 1973, ou Amilcar Cabral est assassiné par des membres guinéens de son propre parti, corrompus par les Portugais.... Le 5 juillet 1975, le Cap Vert accède à l'indépendance.

Si vous êtes intéressés par cet archipel atypique, la connaissance de la suite de l'histoire vous appartient ! Et croyez moi elle est intéressante !

Mardi 1er novembre :Sal Palmeira 7

13H TU nous faisons notre entrée dans Baia de Palmeira sur l'île de SAL, fatigués mais fiers et heureux d'avoir fait cette traversée, finalement pas trop difficile, dans de bonnes conditions de météo et dans une ambiance amicale entre personnes de bonne compagnie ! Il fait chaud et beau, avec un alizé modéré qui rafraichit l'atmosphère. Plusieurs bateaux, une bonne dizaine pour la plupart français, sont déjà mouillés. Après un déjeuner bien arrosé pour fêter l'arrivée nous décidons de ranger, nettoyer le bateau et ses occupants .. qui en ont bien besoin. Préparation de la fête d'anniversaire de Jean-Luc... et bonsoir les amis ! Anniversaire J

Mercredi 2 novembre :
Pourquoi l'île de SAL, qui n'est pas la plus attrayante ? Depuis plusieurs années, les autorités de certains pays nous obligent à faire une « entrée » et qui dit entrée dit par la même « sortie » de leur territoire. Cela s'applique à tous les bateaux naviguant dans les eaux territoriales dudit pays. Or « l'entrée » au Cap Vert doit se faire sur l'une des trois îles principales : SAL, SANTIAGO ou SAO VICENTE. Du fait de l'alizé qui souffle NE et qui permet de naviguer confortablement (pour moi cela veut dire sans gîte, bateau à plat..sur l'eau) on doit suivre celui-ci et Sal en fonction de notre parcours était l'ile appropriée. Faire une « entrée » cela se résume à présenter les passeports des navigants ensuite se rendre à la police maritime pour faire enregistrer le bateau et laisser lesdits papiers à la police … aucun propriétaire n'est heureux de laisser les actes de propriété de son bateau... mais malgré nos discussions impossible d'y déroger, tant que nous n'avons pas quitté l'île. Ce qui va nous obliger à revenir puisque nous décidons de partir vers le sud et Santa Maria, un mouillage un peu plus dynamique, selon les dires de notre capitaine qui y est déjà allé. Nous quittons donc Palmeira après déjeuner, direction la pointe sud de l'île. Nous y arrivons vers 17h. Quel changement ! Une grande baie avec une plage immense de sable blanc. Une zone touristique très développée en raison de spot de kitesurf et de planche à voile. Cela nous paraît plutôt engageant après la tristesse de la côte ouest, plate, grise et sans intérêt. Bienvenue dans le sud ! Sal Santa Maria 2

Santa maria 3

Jeudi 3 novembre et vendredi 4 :

Il ne reste plus que 48 h à nos équipiers qui doivent repartir demain pour prendre l'avion. Nous décidons de faire un tour en ville... impossible de débarquer avec l'annexe sur la plage en raison des rouleaux qui se brisent sur le rivage. La seule possibilité est l'échelle du ponton... sportif d'y grimper mais bon on ne saurait faire l'impasse sur la découverte de ce qui nous attend. On voit ici ce que le fric peut faire faire à un pays en voie de développement … une pléiades d'immeubles finis ou en cours de finition (pas sur d'être terminé, suite à la crise de 2008) , de grands hôtels de luxe côtoient les habitations des autochtones qui ne sont pas du même niveau architectural. Deux mondes se croisent. L'un vient ici pour profiter du climat et de la beauté des sites, et remplir les hôtels et les restaurants qui n'appartiennent pas aux locaux, et l'autre essaie de continuer à vivre en gardant ses valeurs d'iliens nonchalants, accueillants et souriants. Est-ce que la manne du tourisme profite à tous ? Rien n'est moins sûr. Il faut tout de même regretter que nous nous soyons fait cambrioler le bateau (petit larcin : un appareil photo, un téléphone et un peu d'argent) et que pour nous « nantis » cela ne soit pas très grave, mais un climat de suspicion et d'insécurité s'est installé qui fait que nous n'osons plus laisser le bateau seul. Dommage ! Santa maria

Nous décidons de louer une voiture pour pouvoir faire un peu de tourisme dans l'île bien que celui-ci soit assez réduit. Cela nous permettra de récupérer les papiers du bateau, plutôt que de faire une remontée contre vent et courant vers Palmeira et permettre à nos équipiers de regagner l'aéroport.

Abrigadu e ti dispos, Jean-Claude et Jean-Luc d'avoir partagé ces quinze jours avec nous. Sal Santa Maria 6

 

Mardi 8 novembre :

Depuis plusieurs jours, le vent a forci et a levé une houle croisée désagréable. Heureusement que notre capitaine a bricolé un système (c'est le mac gyver de la mer..) pour permettre au bateau de rester face à la houle ce qui permet un tangage et non pas un roulis plus désagréable. Malgré tout il nous faut penser à partir et continuer à progresser vers l'ouest. Nous décidons de quitter Santa Maria cette nuit à 3h du matin pour pouvoir arriver de jours sur Sao Nicolau. Que nous atteindrons après 13 heures de navigation sans problème vent de NE entre 18 et 22 nœuds.

SAO NICOLAU : est une île tout en longueur qui fait d'Est en Ouest environ 50 kms et 25 du Nord au Sud. Elle est très montagneuse, son point le plus haut est le Monte Gordo à 1304 m. Elle est donc plus humide et plus riche que les autres îles. Des fruits, des légumes et la canne à sucre y sont cultivés. Il y a seulement deux possibilités de mouillage pour un bateau. Soit Baia do Carracal ou Porto do Tarrafal. Il n'existe pas de véritables ports, au sens où nous l'entendons nous européens... pas de possibilité d'accostage avec catways, ni bornes électriques ni eau... dans ces îles. La seule marina se trouve à Sao Vicente, notre prochaine étape. Finalement cela a fait beaucoup de bien à mon porte-monnaie !Sao Nicolau 3

Donc après avoir vu Baia do Carracal nous n'hésitons pas et... fonçons sur Tarrafal. Bien nous en a pris, nous retrouvons là un semblant de chez nous avec une quinzaine de bateaux français … Le mouillage est enfin au calme, pas de vent, un petit clapot, et nous retrouvons nos bruits habituels, fait de grincements de claquement des drisses sur le mat... le bonheur de la navigation quoi !, …. en plus des chants des coqs qui « coqueriquottent » toute la nuit... cela doit être dû au dérèglement climatique ! Tarrafal plage

Sao Nicolau est une île authentique, sauvage, c'est-à-dire qu'elle n'a pas encore été polluée par le tourisme de masse... pas de grands hôtels, pas de complexes de vacances, pas d'immeubles pour bourgeois..., uniquement des maisons locales simples, colorées. Le tout s'intégrant harmonieusement dans le paysage. La population est jeune, un peu désœuvrée, le travail ici est rare, c'est une île de culture, donc de paysans et il semble que cela n'intéresse guère la jeunesse. Nous sommes donc « le miel » qui attire dès que l'on débarque. Une nuée de gamins, se proposent pour garder notre annexe, vider nos poubelles (et oui même en bateau on pollue, enfin pas trop...) nous faire visiter la ville … enfin tout pour que nous leur cédions quelques escudos. D'après la police locale, et oui encore « une entrée »... c'est une île tranquille avec peu de « larcins » où l'on peut circuler en toute tranquillité.

Mercredi 9 novembre, jeudi 10, vendredi 11, samedi 12 :
Nous avons retrouvé, au mouillage, des bateaux rencontrés à SAL. Il faut dire que nous « cheminons » tous dans la même direction et ayant un but commun: Sao Vicente, puisque tous les bateaux sont en attente de traverser l'Atlantique soit sur les Antilles soit sur le Brésil. Donc forcément nous allons nous retrouver au gré des navigations. Notre nouveau bateau-copain est « Micchioblu », un couple de Niçois, Cécile et Claudio. Les bonnes habitudes reprennent, …. apéros, avec d'autres bateaux, et soirée « pâte façon Trapounet » sur le Lady A pour l'anniversaire de Cécile. Un peu de musique pas encore cap-verdienne (notre troubadour ne les a pas encore mis à son répertoire, car il est débordé...), et quelques chansons bien de chez nous... nous permettent de passer une excellente soirée ! Cécile et sa bougie !

Nous partons visiter en « aluguer » taxi collectif, (rigolo) l'île très verdoyante et montagneuse et plus particulièrement la « capitale » Ribeira Brava au cœur de l'île, où nous goûterons le plat traditionnel « la cachupa guisado » (mélange de maïs, haricots, fèves, manioc, patates douces, et œufs) … Toujours pas de langoustes ! Mais par contre le poisson est excellent, enfin celui que les autres pêchent pour nous et que je cuisine, car nous sommes toujours « nuls » en la matière ! Vivement qu'Olivier arrive et prenne les choses en mains !

Dimanche 13 novembre jusqu'au 15:
Allez il faut bouger … ! Nous quittons avec le bateau « Micchioblue » porto Tarrafal pour l'île de Santa Lucia quelques 25 MN plus loin, dernière île avant Mindelo sur Sao Vicente. Une bonne brise nous porte vers notre prochain mouillage « Praia de palmo a tostao ». Nous filons à 7 nœuds.... sous grand voile et génois, et soudain............................................ le moulinet de la canne se met à couiner …..... le fil se déroule à grande vitesse... vite, vite il faut ralentir le bateau c'est une grosse touche.... (peut-être un gros thon... qui sait...) le captain, arc-boutée sur sa canne, me crie : mets toi face au vent, 30° à droite ! …. facile à dire.... d'une petite navigation bien tranquille bien à plat comme je les aime, je me retrouve à la barre, face à la houle, les voiles en vrac... essayant de maintenir le bateau pendant que mon « pêcheur et non pas pécheur.. » s'évertue à retenir la canne qui se plie, mais ne rompt pas...! Un cri strident … M..... il s'est décroché... ! Encore un rapala foutu ! (désolée Éric, c'était celui que tu nous avais offert, et bien sûr notre préféré..) Nous ne saurons jamais si c'était un thon, un requin, un marlin, un orque, une baleine...... ! Dégouté notre captain range la canne... ! Santa Lucia 2

Heureusement …. Claudio avec la même canne, même fil, même rapala a pris une belle carangue.... ! C'est tout de même pas normal, il doit y avoir un truc...

Santa Lucia : Est une des plus petites îles de l'archipel, avec ses 12 km de long. Elle est surtout désertique par manque d'eau. Seuls les pêcheurs y débarquent pour quelques jours de pêche. La baie est protégée de la houle de NE, mais pas du vent qui dévale des volcans (éteints) au dessus de la baie. Une immense (c'est vrai..) plage de sable blanc s'offre à nous, mais impossible de débarquer avec l'annexe tant les rouleaux sur la plage sont importants. Qu'à cela ne tienne nous irons avec Cécile à la nage dans une eau émeraude, en faisant attention aux requins.... Nous sommes quatre bateaux au mouillage, toujours plus ou moins les mêmes qui se suivent...

Le vent durant la nuit a forci, par l'effet de venturi, il souffle maintenant en rafales entre 25 et 30 nœuds... l'ancre semble bien accrochée, mais le bateau vibre sous les coups de rappels de la chaine dans un vacarme assourdissant. Impossible de dormir dans notre cabine avant. Les nuits dans ces conditions sont désagréables, car il faut surveiller la tenue de l'ancre au cas où.... donc on ne dort pas ou mal, ce qui n'arrange pas notre état physique déjà pas mal fatigué.... (bon on l'a voulu..). Claudio lui continue de pêcher...avec le fusil, ce qui va devenir ma première soupe de poisson cap verdienne... à suivre... Santa Lucia 5

Mardi 15 novembre:
Cela ne se calme pas.... il faut partir. Nous levons l'ancre prise sous un gros caillou, après avoir répété la manœuvre, car il ne faut pas se louper et essayer de récupérer les 40 m de chaine entre deux rafales tout en maintenant le bateau. Ouf, Du premier coup, heureusement que nous sommes meilleurs qu'à la pêche !

Santa Lucia est séparée de Sao Vicente par un canal (terme marin) de 4,5 M. Le vent s'engouffrant entre ces deux îles, avec des hauts-fonds, génère une grosse mer et une accélération du vent (tout ce que je déteste). De plus nous ne sommes plus vent arrière mais « au près » ! HORREUR … 4 heures pour faire 25 nautiques dans des creux de 4 à 5 m de face, le bateau monte et descend la vague en tapant... le pont est balayé par l'eau... Nous sommes attachés... et je serre les dents pour ne pas dire autre chose...

12h30 nous entrons dans la baie de Mindelo ! Suite au prochain article …

 

 

 

 

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07 novembre 2011

CANARIES-CAP VERT

Jeudi 27 octobre: Les hommes !
Santa Cruz de Tenerife : 28°27'3N - 16°14'8W
6h du matin : (TU +1h ) : le réveil sonne... nous sommes prêts à partir, avec nos deux équipiers supplémentaires, pour notre deuxième longue traversée environ 800 nautiques soit autour de 1480 km. Hier soir dernier apéro avec les « bateaux-copains » français. Nous devrions nous retrouver au Cap Vert sous peu, en tout cas au plus tard à Mindelo sur l'ile de Sao Vicente avant la grande traversée. Mais chut.... nous n'y sommes pas encore …
PS: TU = Temps Universel, méridien de référence de Greenwich, passage d'EST en OUEST. Traversée 3

Mardi 1er novembre : JOYEUX ANNIVERSAIRE JEAN LUC !
Porto Da Palmeira – Cap Vert : Latitude: 16°45'3N longitude: 22°59'W
13h : (TU – 1h) Nous venons de faire 810 nautiques en 6 jours, 5 nuits à la vitesse moyenne de 6,5 nœuds.

Traversée 2

 Que s'est-il passé entre ces deux dates ?

En vrac : Après une période de plusieurs jours de calme plat, le jeudi 27 octobre nous avions une météo favorable, du vent entre 15 et 20 nœuds, de secteur NE, (c'est le meilleur..) et, une houle autour de 2 à 3 m de creux. Le pied quoi ! (mise à part que nenni de Dame Lune durant toute cette semaine à venir, juste un tout petit quartier montant les deux derniers jours).
ERRATUM : La rédaction tient à porter à la connaissance de ses lecteurs, suite au dernier message émis à partir de Santa Cruz. la rectification suivante : La seule femme de l'équipage N'A PAS ETE dispensée de quart de nuit ! Elle a vaillamment assumé son rôle « d'équipier expérimenté »... en tenant également pour son « équipage masculin » la cambuse, comme à la maison ! (voir plus loin, la rubrique : CA NOUS EST ARRIVEE).Traversée 4

Les trois premiers jours ont été difficiles pour certains de nos équipiers qui ont eu de la difficulté à « s'amariner ». Un mal de mer persistant malgré les comprimés (mer calme... ahhh, stugeron plus efficace) a contraint certain à passer de mauvais moments recroquevillé dans le cockpit ou dans sa couchette... Les quarts de nuit se sont mieux organisés le deuxième soir. Deux binômes (Marc + Jean-Claude) et (Annette + Jean-Luc). Les horaires étaient premier binôme 20h-23h – 2h-5h et deuxième binôme 23h-2h – 5h-8h. Soit trois heures de quart et trois heures de sommeil et on recommence... (je n'ose pas penser … au 15 jours de prochaine traversée ... au secours mon fils !). Le quart consiste à rester éveiller … pour surveiller le radar, voir si pas de feux de filets à l'horizon, vérifier la vitesse du bateau et la force du vent, pour pouvoir agir sur les voiles, et savoir en fin de nuit combien de milles nous avons parcouru et ce qui nous reste à faire ! (très important). Nous avons navigué tous feux éteints les deux dernières nuits (en face de la Mauritanie) au cas où... ! En 6 jours et 5 nuits, nous verrons un voilier aperçu à 10 miles environ (pas d'identification, pas de provenance, pas de destination; n'a pas répondu à la VHF...bilingue). Un seul gros navire croisé à 8 nautiques, de nuit (vu feux de navigation; non identifié). Aucun mammifère marin. Aucun poisson péché ! Pas de filets dérivants...

Nous avons navigué légèrement sous toilé (désolée Olivier..) pour un meilleur confort, qui se traduit par : le bateau ne gite pas ni ne tape dans les vagues. Les journées se ressemblent plus au moins bien que jamais monotone. Après le dernier quart de nuit, petit déjeuner.. enfin ceux qui peuvent avaler quelque chose... Un essai ….. de toilette succincte, c'est-à-dire juste ce qu'il faut pour que l'odeur soit supportable ! (pas de douche évidemment, il faut économiser l'eau). Ensuite un peu de rangement, lecture, sieste... avant le déjeuner, préparé par « l'équipier expérimenté » en général attaché devant sa cuisinière … ! Vaisselle à l'eau de mer, rinçage eau douce en économisant. On papote, on fait le point, on met à jour le journal, on prend la météo, on envoie les SMS par iridium soit aux copains soit à la famille puis on reprend les quarts de jour.... ainsi va les heures, on goûte... on se prépare pour la nuit, on dîne à 19h et puis on recommence …. les quarts de nuit etc....

Les Bons moments de la traversée :

Nuit 1: Jean-Luc qui somnole à l'extérieur, de nuit, se retrouve tout à coup en vrac au fond du cockpit: il a été éjecté de son siège par un coup de roulis ! Rigolade !
Nuit 2: Jean-Claude qui somnole...se retrouve assis au fond du cockpit: il a été éjecté de son siège...deuxième vague de rigolade !
Nuit 3: Marc qui est dans la même situation que les précédents, se retrouve au fond du cockpit, agrippé à une manivelle de winch: il a été éjecté...Sans commentaire!
Annette, elle, n'a pas eu cette chance, car elle ne somnole pas durant les quarts !

Rubrique : CA NOUS EST ARRIVEE !
Je passe la parole aux « acteurs » de cette expérience : Mes équipiers masculins !

Question 1: que pouvez-vous nous dire sur cette traversée ? Comment l'avez-vous vécu ? (difficultés, plaisir, ambiance..)

Jean-Claude : Je vous recommande de faire cette expérience, c'est encore mieux que le régime DUKAN, j'ai du perdre 2 kg en 3 jours ! Moi qui suis un montagnard … j'ai eu beaucoup de difficultés à m'adapter au milieu marin..Dans ces cas là on se dit que personne ne peut rien pour vous, il faut subir, encaisser, sans paniquer et surtout garder son calme pour le reste de l'équipage. Trois jours c'est long … on se demande ce qu'on est venu foutre dans cette galère, on aspire qu'à aller s'allonger dans sa couchette c'est encore là qu'on est le mieux, en essayant de dormir. Dans sa tête on se sent le maillon faible du groupe, incapable de faire quoi que ce soit. Malgré tout on sent autour de soi la chaleur des autres, leur compréhension (Jean-Luc qui fait votre quart), leur désir de vous sortir de ce marasme... mais il faut attendre. Puis tout doucement, cela se calme, et le quatrième jour c'est du plaisir ! Je fais mes quarts comme tout le monde, bien réveillé, fier de tenir ma place ! Encore au téléphone !
Jean-Luc : Cette traversée est pour moi une expérience enrichissante, se retrouver en mer, dans la houle et le vent ce n'est que du bonheur ! Ce qui prédomine : ce sont les exigences de la navigation, et être attentif au bateau. La difficulté de faire l'apprentissage des gestes quotidiens... s'alimenter, s'habiller, … aller au chiotte, une sacré expérience ! L'ambiance à quatre à toujours été conviviale et sereine. J'ai eu de la peine pour Jean-Claude durant les trois premiers jours car on ne pouvait rien faire pour lui si ce n'est de le soulager le plus possible des tâches matérielles. Tant qu'on a pas fait ce type d'expérience on ne peut pas savoir le courage qu'il faut aux grands navigateurs solitaires et l'entrainement que cela doit leur imposer pour faire face aux difficultés. Le delta est énorme entre nous petits « plaisanciers » et ces grands « coureurs » !

Jean-Claude et Jean-Luc : Nous souhaitons parler d'une « activité » qui sur un bateau revient systématiquement trois fois ou plus par jour. Il s'agit de la « bouffe » ! et bien sur le Lady A on peut dire que l'on mange comme à la maison ! « le chef cuisinier » (inutile de le nommer..) attaché à son fourneau... ou à son thermomix parvient, même lorsque les casseroles volent suite à un coup de roulis (oui on l'a vu..) à nous faire des repas équilibrés, consistants et variés. Bon d'accord les trois premiers jours les poissons ont bien été nourris.. (dixit Jean-Claude). Mon repas d'anniversaire (dixit Jean-Luc) a été l'aboutissement... (toast de foie gras, crémant d'Alsace, tartelette de thon à la tomate confite, confit de canard et ses pommes de terre, fondant au chocolat avec sa crème anglaise !) En cadeau : un très beau de couteau marin (avec épissoir et démanilleur). Nous recommandons vivement ce bateau pour des croisières !

Question 2 : Parlez-nous des quarts … comment se sont-ils passés ?

Jean-Claude
: La première nuit c'était l'horreur ! L'estomac dans les talons... prostré dans le cockpit, j'entendais tout ce que les autres disaient, les manœuvres, les discussions .. mais je ne pouvais rien faire ! Mon corps était incapable de m'obéir, j'étais complètement sonné malgré les comprimés. Puis petit à petit j'ai apprécié le rythme des trois heures, un peu court pour dormir, mais aussi pas trop long pour rester éveillé et tenir le quart. Les horaires qui me convenaient le mieux sont 20h – 23 h et 2h – 5 h (c'est quand même la plus dure tranche..) J'ai bien aimé les nuits sans lune (au contraire d'Annette..) On regarde le ciel, les étoiles la mer. On s'imagine tout seul (l'obscurité du cockpit, lors des quarts sans feux) , alors qu'on est deux. J'ai aussi apprécié le thermos de thé et les petits gâteaux ! Par contre lorsqu'on est pas de quart, il faut s'obliger à dormir. Mon cerveau fonctionne à plein régime, aussi bien la nuit que le jour, puisque je ne peux pas lire, à l'inverse de Jean-Luc qui a dévoré 3 livres dans la semaine ! .. On pense à sa famille, ses affaires .. des flashback sur le passé, cela me donne un coup de fouet et m'ouvre l'esprit sur d'autres choses ! « ma femme ne va pas me reconnaître en rentrant »...
Jean-Luc : je n'ai pas été gêné physiquement par les quarts. Après tout on dort 6 heures mais en 2 fois. Pour moi je préfère la tranche 23h-2h et 5h – 8h. Se rhabiller dans la nuit pour enfiler des vêtements chauds, le gilet de sauvetage et la longe (Le Captain est très à cheval sur la sécurité...) cela me fatigue car on est malhabile, on se heurte en permanence. On pense à sa famille, à ce que l'on a pas fait avant de partir … sur ce que je dois faire en rentrant … Naviguer de nuit est un moment magique : l'obscurité, le vent, les étoiles, la houle qui se casse sur l'arrière du bateau, . On fait confiance au bateau, malgré l'environnement hostile et cela devient un moment « privilégié » plus agréable encore que le jour.

Question 3 : En conclusion que diriez-vous ?

Jean-Claude : Les Plus : c'est une expérience « inhabituelle » positive : j'ai fais un travail sur moi-même important en osant franchir un pas, dans un milieu qui n'est pas le mien et dans un environnement dans lequel je ne suis pas forcément à l'aise. L'esprit d'équipe est très fort en mer, car on est tous tributaires les uns des autres en ce qui concerne la sécurité. Les moins : On manque totalement d'exercice car on reste de longues heures assis, calé le mieux possible, mais son corps est aussi fatigué que si l'on avait fait une longue marche ! J'aurais aimé faire un travail plus technique (maniement des voiles, poser le tangon, faire une route, ré-apprendre les nœuds marins..)
Jean-Luc : Content de renouer avec la navigation entre amis, après 20 ans d'arrêt ! Nous avons des velléités avec Agnès de refaire du bateau (possible achat..) Cette traversée a permis de mieux cerner ce que l'on pourrait vraiment faire... de la côtière surement. Comme Jean-Claude quelques regrets de n'avoir pas pu faire un travail plus technique... Mais Marc et Annette maitrisent bien l'espace et le fonctionnement de leur bateau. Les rôles sont bien définis, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, et nous les équipiers nous nous sommes greffés sur l'acquis. On s'est senti comme des « invités » ayant des obligations de suivre une certaine discipline, c'est en grande partie ce qui a permis cette ambiance conviviale et sans conflit.

Posté par ladyA à 19:01 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]